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La flore de La Réunion

La flore de La Réunion
  • id
  • Melia azedarach L.
  • Lilas de Perse, Lilas indien
  • Meliaceae
  • Margosier, Petit lilas
  • Lilas de Perse, Lilas des Indes, Arbre à chapelets
  • non
  • Synonymes:

    • Melia Japonica Don.
    • Melia sempervirens (L.) Sw.

    Description

    Arbre pouvant atteindre 20 m de hauteur; écorce crevassée verticalement, de couleur gris foncé, laissant apparaître l'aubier jaune clair. Chez les jeunes individus, l'écorce est lisse et vert sombre.

    Lilas-perse

    Feuillage: Feuilles composées, caduques, alternes, à long pétiole, bipennées, de 20 à 50 cm de long, à folioles vert foncé dessus et vert plus clair dessous, ovoïdes, elliptiques et pointues, incisées de façon acérée et irrégulière. Les folioles mesurent 2-8 cm de long. Froisées, les folioles exhalent une forte odeur et ont un goût amer.

    Lilas-perse Lilas-perse 005

    Inflorescences: en panicules aérés de 20 à 25 cm. Fleurs à corolle quintuple de couleur lilas, tube staminal et style de couleur violette, étamines jaunes. Les fleurs mesurent 1-2,5 cm de diamètre. Malgré un agréable parfum de lilas, les fleurs sont peu attractives pour les abeilles et les papillons.

    Lilas-perse 007 Lilas-perse 009

    Fruits: bouquets pendants de 40-50 cm de drupes sphériques, de couleur verte puis jaune clair, de 1,5 cm de diamètre, perlées, devenant ridées avec le temps (les fruits persistent sur l'arbre après la chute des feuilles). Sous la pelure assez épaisse de la drupe se trouve la chair, pulpe blanche collant aux doigts, amère puis douceâtre. Les noyaux sont osseux, à six côtes longitudinales, contenant six loges, renfermant chacune une graine elliptique noirâtre.

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    Ecologie et répartition: Il est fréquent dans l'Ouest jusqu'à 600-700 m d'altitude et est relativement résistant à la sècheresse, prospérant avec une pluviosité de 600 mm de pluie seulement. Il est cultivé dans les jardins ou parfois en alignement le long des rues. Il peut être naturalisé sur des terrains ouverts et abandonnés.

    L'espèce se régénère spontanément et est actuellement considérée comme invasive aux Etats Unis.

    Il est capable de supporter des températures négatives. On en trouve notamment au Jardin des Plantes de Paris.

    Origine

    Le Lilas de Perse est originaire de l'Asie tempérée, notamment d'Inde et de Malaisie. Il fut introduit à La Réunion en 1761. Une attention plus particulière lui fut accordé du fait de sa croissance rapide lorsqu'il apparût nécessaire, dans le courant du 19ème siècle, de reboiser pour lutter contre l'érosion d'une part, et de disposer de bois de construction d'autre part.

    Utilisation

    Les feuilles sont utilisés comme un insecticide naturel souvent associé au stockage d'aliments mais ces feuilles ne doivent pas être consommées car elles sont très toxiques. La simple présence d'un tapis de branches feuillues de Melia dans une serre constitue un excellent répulsif à insectes. De la même façon, la présence d'un melia dans une zone permet de réguler naturellement la quantité d'insectes en cas de pullulation. On peut également réaliser un purin de feuilles (ou mieux de graines moulues) qui après avoir marinées 24 heures dans l'eau et avoir ajouter un « mouillant » (type savon noir) constitue un excellent insecticide (contre pucerons, chenilles,mouches mineuses, aleurodes , araignées rouges) et antifongique (contre l'oïdium, fusariose, rouille). La rémanence est de 4 à 7 jours.

    Les feuilles servent aussi de litière aux malabars-tamouls pendant leur carême, jeûne obligatoire avant leur "marche sur le feu".

    Le feuillage sert également de fourrage aux cabris.

    L'espèce est principalement utilisée pour son bois de moyenne densité dont la couleur varie du jaune rosé au rouge foncé. En apparence, il est facilement confondu avec le teck (Tectona grandis). Melia azedarach, comme les autres membres de la famille des Meliaceaea, a un bois de haute qualité; résistant aux insectes xylophages; il est employé en construction, en ébénisterie, en tournage (fauteuils et chaises du "Gol"), en sculpture ainsi que pour la confection d'instruments de musique, mais, contrairement à de nombreuses autres espèces quasi-éteintes d'acajou, celle-ci est sous-utilisée.

    Le Lilas de Perse, largement planté en Asie comme arbre de temple, est actuellement utilisé en tant qu'arbre de reboisement en Chine, en Inde, en Amérique du Sud et Centrale.

    Aussi connu sous le nom de « Ghoda neem» (Neem des chevaux) en bengaliou « Vilayati neem » (Neem étranger) dans la région du Bundelkhand (centre de l'Inde), on le confond souvent avec le neem (Azaderachta indica) ou margousier mais ses feuilles ne sont pas aussi amères que le neem.

    Les graines à 5 côtés ont la particularité de présenter un trou en leur centre. Ce qui fait qu'elles étaient utilisées pour en faire des chapelets et d'autres produits nécessitant des perles. C'est d'ailleurs pourquoi cet arbre est parfois appelé « arbre à chapelets » ou Pater noster.

    Des graines oléagineuses, il était extrait jadis une huile d'éclairage.

    Propriétés médicinales

    La décoction d'écorce est vomitive, vermifuge, antispasmodique et soigne la fièvres paludéennes ; en bains, à faible dose, combat les maux de reins, les convulsions, la rougeole, l'eczéma et les écoulements contagieux. L'huile est bonne pour les reins et le foie. Le bain ou le cataplasme de feuilles est bon pour les rhumatismes, la goutte, la gale et la rétention d'urine.Les fruits ont des propriétés insecticides et fébrifuges bien connues en Inde.

    Toxicité

    Espèce très toxique.

    Fruits, écorce, feuilles, fleurs sont toxiques; contiennent de la saponine (hétéroside à propriétés moussantes agissant sur la perméabilité membranaire) et un alcaloïde toxique (substance végétale azotée): l'azaridine, qui est narcotique. L'empoisonnement ressemble à celui de la Belladone. Les intoxications chez l'homme sont rares, peut être à cause du goût désagréable des fruits. La pulpe du fruit est très toxique pour les animaux domestiques: chiens, moutons, chèvres et porcs.

    L'intoxication se manifeste par des vomissements, soif extrême, diarrhées souvent sanguinolentes, sueur, froideur des extrémités, une faiblesse du pouls, paralysie, respiration irrégulière et mort par suffocation dans les douze à vingt-quatre heures.

    Extraits de La magie des arbres par Jean-François Samlong (1990)


    boutique magie des arbresDans La magie des arbresJean-François Samlong nous livre quelques secrets sur les croyances à La Réunion quant aux arbres. Sur la base de témoignages recueillis auprès de nos gramoun, il nous éclaire sur une pratique très vivace liée aux pouvoir des arbres et leur utilisation pour le transfert des maladies, suivant un rituel précis dans lequel interviennent des divinités.

    Lors de la cérémonie de la marche sur le feu, les femmes pénitentes se servent des rameaux de lilas pour l'auto-flagellation, au moment où elles doivent faire trois fois le tour du brasier.

    Selon M. Virin Petimoutou, les feuilles de lilas sont utilisées pour guérir les enfants malades, ceux qui ont la rougeole ou ceux qui ont des pustules ("des boubous"), sous forme de bain, mais aussi comme tisane. Les feuilles de lilas interviennent dans de nombreuses cérémonies tamoules, dans la confection des protections (Voir "Manguier")