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La flore de La Réunion

La flore de La Réunion
  • id
  • Cinnamomum camphora
  • Camphre, Camphrier
  • Lauraceae
  • Arbre à camphre, Laurier du Japon
  • Cinnamone camphrier
  • Exo
  • Espèce exotique envahissante
  • non
  • Synonymes:

    • Laurus camphora (L.)
    • Camphora officinalis Nees
    • Camphora officinarum Fabr.

    Description:

    Le Camphrier est un grand arbre atteignant 30 m de hauteur. Son écorce est grise, rugeuse, épaisse et fissurée. Le tronc est également souvent noueux. Ils peuvent atteindre plusieurs centaines d'années.

    Cinnamomum camphora 002

    Feuillage: Le feuillage est persistant, coriace. Les feuilles sont insérées en hélice, à pétioles longs, lisses, ovoïdes-lancéolées et à limbe vert clair brillant. Le revers est de couleur vert-bleu mat, souvent rougeâtre lorsque les feuilles sont jeunes. Elles dégagent une forte odeur de camphre quand on les froisse. Les nervures secondaires bien visibles sont souvent recourbées vers le haut.

    Cinnamomum camphora 003 Cinnamomum camphora 004


    Inflorescences: Les panicules axillaires de fleurs sont très petites et simples, de couleur jaunâtre à blanc verdâtre, d'environ 5 à 7 cm de long.

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    Fruits: Petites drupes de 5 à 10 mm de diamètre, ne comportant qu'une seule graine. Les drupes sont vertes et deviennent noires quand elles sont mûres. Pour que la graine germe, le fruit doit petre ramassé mûr. L'arbre fructifie à partir de sa vingtième année.

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    Ecologie et répartition: Le camphrier s'adapte facilement à un cliamt humide et chaud. Il demande un sol profond, bien draîné et fertile.

    A La Réunion, il est installé surtout sur la côte Est, jusqu'à 1000 m d'altitude. On trouve quelques camphriers imposants autour du pont de la Rivière du Mât.

    Quelques parcelles ont été reboisées il y a une trentaine d'années à la Savane (route de Grand Ilet - Salazie), à Hell-Bourg, à Basse Vallée (Saint-Philippe) et dans la forêt de La Providence à Saint-Denis.

    Des plantations importantes ont lieu à la plaine des Lianes dans la commune de Bras Panon.

    Origine:

    Le Cinnamomum camphora est originaire de l'Asie du Sud-Est, en particulier de Formose et du Japon.

    Utilisation:

    Le camphrier a été introduit pour la sylviculture à Salazie, Saint Philippe, etc., ainsi que pour l'extraction de l'huile camphrée, obtenue à partir des feuilles et du bois, mais il est souvent planté comme arbre ornemental. C'est un arbre promis à un grand avenir car il fournit un bois apprécié et sa croissance est rapide.

    C'est un bois tendre, léger, d'un blanc tirant sur le jaune clair ou le rose, aux veines larges et colorées. Il est traditionnellement utilisé pour la sculpture et la fabrication de meubles de rangement (commodes, coffres, ...etc) et l'aménagement intérieur (portes, étagères,..etc). L'odeur du camphre, qui persiste très longtemps, semble éloigner les insectes.

    Toutes les parties du Camphrier contiennent de grandes quantités d'huile camphrée, utilisée principalement à des fins industrielles mais également en pharmacie: propriétés antiseptiques et tonicardiaques; en aromathérapie, l'huile essentielle du Camphrier est considérée comme un antiviral majeur et comme un excellent immunostimulant et antidépresseur .

    Extraits de La magie des arbres par Jean-François Samlong (1990)


    boutique magie des arbresDans La magie des arbres, Jean-François Samlong nous livre quelques secrets sur les croyances à La Réunion quant aux arbres. Sur la base de témoignages recueillis auprès de nos gramoun, il nous éclaire sur une pratique très vivace liée aux pouvoir des arbres et leur utilisation pour le transfert des maladies, suivant un rituel précis dans lequel interviennent des divinités.

    L'arbre qui vous appelle de son puissant parfum à des centaines de mètres est assez répandu à la Réunion : à Saint-Denis, Hell­ Bourg, à l'entrée de la Rivière du Mât, et jusqu'à Salazie .

    Il n'est pas de notre propos de vous faire découvrir les différen­tes utilisations qui sont faites du camphre, mais il est un fait qu'un arbre qui est aussi riche en pro­priétés médicinales (l'essence du camphrier combat plus d'une maladie) ne peut être qu'un bon protecteur, c'est-à-dire bénéfi­ciant d'un magnétisme terrestre puissant. D'autant plus que l'arbre est capable de devenir millénaire. Il serait en quelque sorte notre chêne local, de sang royal, et prodiguant sagesse et le sens de la justice à celui qui est à la recherche de la vérité.

    Le camphrier, comme l'en­cens, aide à la purification de l'âme par la prière. Il peut être le symbole de la maîtrise de l'esprit sur la matière, de l'âme sur la chair .

    Le camphre est une des substances qui éteint le désir sexuel, donc conduit à l'absti­nence : «Quant à celui qui désire être affranchi du besoin du coït, il fait usage du camphre . La moitié d'un mitskal (c'est-à-dire environ un gramme) de cette substance, macérée dans l'eau, rend celui qui en boit insensible aux plaisirs
    de la copulation. Beaucoup de femmes (arabes) emploient ce remède lorsqu 'elles éprouvent un violent sentiment de jalousie contre leurs rivales .. .» (Roger Lavergne, Fleurs de Bourbon)

    En Malaisie, il existe tout un rituel quand il s'agit d'aller cher­cher du camphre pendant trois à quatre jours : «Pendant tout ce temps-là, l'usage de la langue malaise courante leur est interdit; ils doivent employer une langue particulière qu'ils appellent le BASSA KAPOR (langue du camphre) ou le PANTANG KAPUR. Ce ne sont pas seule­ment les chercheurs du camphre qui doivent parler ce langage ; les hommes et les femmes restés dans les villages sont soumis à la même obligation.   Ces indigènes croient qu'un esprit veille sur les camphriers, et qu'ils ne pour­raient obtenir le précieux pro­duit, s'ils ne se l'étaient rendu propice ...» (James Georges Frazer, Le Rameau d'or)

    Il ne faut jamais appeler le camphre par son véritable nom et «dans certaines tribus, il est défendu aux chercheurs de camphre de jamais prononcer les noms des chefs et des hommes influents ; s'ils violaient cette règle, ils ne trouveraient pas le camphre dans les arbres». (James Georges Frazer, Le Rameau d'or)