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La flore de La Réunion

La flore de La Réunion
  • id
  • Acanthophoenix rousselii N. Ludw.
  • Palmiste de Roussel
  • Palmiste roussel 001
  • Arecaceae
  • Acanthophénix de Roussel
  •  CR 
  • Taxon en danger critique d'extinction
  • non
  • Description

    Palmier atteignant 25 m de haut, dont la surface du stipe est lisse et gris clair, et dont la base est renflée en pied d’éléphant. L’extrémité comprend une dizaine de palmes mesurant environ 2 m de long.

    Les palmes sont paripennées avec des pennes vert-olive sur les deux faces ; gaine formant un manchon densément couvert de poils noirs (fourrure). Les plantules ou jeunes individus ont un rachis de couleur verdâtre et couvert d’épines.

    L'inflorescence est enfermée au début de sa formation dans une gaine foliaire brune recouverte de soies à l’extérieur ; pédoncule et rachis de l’inflorescence munis d’épines courtes et flexibles de 2-3 cm de long.

    Les fleurs staminées sont colorées et portent en moyenne 9 étamines ; les fleurs pistillées ont un pistil sub-globuleux rougeâtre.

    Les fruits sont allongés de 1,5-2 cm de long et 8 mm de diamètre.

    Acanthophoenix rousselii se distingue essentiellement des deux autres espèces par le nombre d'étamines des fleurs staminées, en moyenne 9 [contre 6 chez A. crinita et 12 chez A. rubra], et la taille du fruit (15-20 x 8 mm) [contre au plus 10 x 6 mm pour
    les autres espèces]. Chez A. rousselii, les pennes sont vertes dessus et dessous, alors que chez A. rubra, les pennes sont vertes ponctuées de blanc céracé (revêtement blanchâtre) sur la face inférieure.

    Au stade juvénile (plantules de 18-24 mois) :
    - le pétiole et le rachis d’A. rousselii sont de couleur verte ou rougeâtre et munis d’épines rougeâtres ou brunes avec 5-7 paires de folioles ;
    - le pétiole et le rachis d’A. rubra sont de couleur brun rougeâtre et munis d’épines rougeâtres ou brun clair avec 5-7 paires de folioles ;
    - le pétiole et le rachis d’A. crinita sont de couleur verte, munis d’épines noires ou brun foncé et recouverts d’un dense indument cireux avec 1-3 paires de folioles.


    Palmiste roussel 002 Palmiste roussel 003

    Origine du nom

    L'espèce a été dédiée par Nicole LUDWIG (2006) à la famille Roussel, propriétaire des reliques de forêts hygrophiles de la côte sous le vent (commune du Tampon, île de la Réunion) où Thérésien CADET avait repéré dans les années "1970" pour la première fois cette espèce.

    Répartition géographique

    L’espèce est endémique de la Réunion, où elle s’est fortement raréfiée. Elle est considérée comme exceptionnelle. A. rousselii n’est présent que dans les Hauts du sud de l’île, sur la commune du Tampon, entre 600 et 850 m d’altitude. Il subsiste un nombre réduit d’individus (64 individus dénombrés en 2003), répartis en sous-populations très fragmentées. Certains individus adultes sont isolés dans un environnement très urbanisé. Il est probable que l’espèce ait été présente dans le cirque de Cilaos (villages de Cilaos et de Palmiste rouge).

    Deux spécimens plantés ont été observés en 2008 dans le village de Cilaos à 1200 m d'altitude par Nicole LUDWIG et Jörg SCHUMANN.

    L’aire répartition du palmiste Roussel était sans doute plus large à l’origine qu’elle ne l’est aujourd’hui. Autrefois il est possible qu’A. rousselii couvrait les pentes moyennes de la côte sous le vent de Saint-Denis à Saint-Pierre avec de probables incursions dans les cirques de Cilaos et de Mafate.

    Menaces

    La principale menace sur l’espèce est le vieillissement, le non renouvellement, et donc le déclin de la population originelle. Si aucune action de conservation n’est mise en oeuvre, l’absence de régénération ajoutée à la disparition des vieux sujets devrait entraîner la disparition de la population originelle en moins de 20 ans.

    Le dépérissement des sujets adultes est accéléré par le braconnage des « choux », les attaques d’oiseaux béliers, les vents cycloniques, et indirectement par la perte des disséminateurs.

    L’exploitation agricole et forestière, les projets d’aménagements urbains et immobiliers, l’envahissement par les plantes exotiques mettent en péril à la fois l’espèce et son habitat (à l’état de vestige). Le statut foncier des terrains sur lesquelsse trouvent les palmistes Roussel ne permet pas de prévoir à long terme le devenir de la dernière et l’unique population naturelle d’Acanthophoenix rousselii.