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La faune de La Réunion

La faune de La Réunion
  • id
  • Pteropus Niger
  • Le Renard volant de Maurice, ou Roussette noire
  • Roussette noire 000
  • Mammifères continentaux
  •  CR 
  • Description

    La Roussette noire ou grande Roussette des Mascareignes (P. niger), espèce endémique des Mascareignes, a disparu de la Réunion entre 1772 et 1801, mais elle est encore présente à Maurice (Cheke & Dahl, 1981 ; Nyhagen & al., 2005). P. niger, considérée comme commune à la Réunion jusqu’au milieu du 17ème siècle, a décliné drastiquement peu de temps après, probablement en raison de sa surexploitation et de la déforestation (Cheke & Hume, 2008 ; Jenkins & al., 2008). En outre, des os trouvés dans des dépôts subfossiles attestent de sa présence par le passé dans toutes les îles des Mascareignes (Andersen (1912) in Moutou, 1982 ; Cheke & Hume, 2008).

    Entre 2000 et 2007, quelques observations ont à nouveau été signalées, et une toute petite population de Roussette noire a finalement été découverte fin 2007 à l’Est de La Réunion, confirmant le retour de l’espèce dans l’île.

    Cette population demeure toutefois extrêmement fragile compte tenu de son faible nombre d’individus et du faible taux de reproduction constaté jusque-là à La Réunion, avec un seul petit observé par an. Les cyclones auxquels sont exposées les îles de  l’océan Indien  comptent parmi les facteurs pouvant compromettre le maintien de l’espèce. Un seul épisode cyclonique pourrait conduire à une réduction drastique de la population, voire à sa destruction. De plus, la Roussette noire, qui se repose en colonies dans les arbres au cours de la journée, est vulnérable à tout dérangement extérieur pouvant entrainer l’abandon du dortoir. Or, son principal site-dortoir à La Réunion est situé dans une ravine à proximité d’habitations, donc exposé aux perturbations d’origine humaine comme l’élagage, la création de sentiers ou le défrichement. A ce jour, le manque de connaissances sur cette espèce protégée rend difficile  la mise en place de mesures de préservation appropriées. Mais le plan de  conservation de la Roussette noire actuellement en cours d’élaboration permettra de développer la surveillance, les comptages et les suivis réguliers, et de renforcer les connaissances. Ces informations permettront d’identifier les actions les plus adaptées pour favoriser le retour durable de l’espèce dans l’île.

    Pteropus niger figure à l'Arrêté ministériel du 17 février 1989 fixant des mesures de protection des espèces animales représentées dans le département de la Réunion.

    Cet arrêté interdit « en tout temps sur le territoire du département de la Réunion la destruction ou l'enlèvement des oeufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l'enlèvement, la naturalisation ou, qu'ils soient vivants ou morts, le transport, le colportage, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou l’achat », des mammifères d'espèces non domestiques suivantes :


    En outre, toute personne portant atteinte à une espèce protégée est passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende (Article L 415-3 du Code de l’Environnement).

    Taxonomie


    La Roussette noire ou grande Roussette des Mascareignes (Pteropus niger) est une espèce du sousordre des mégachiroptères qui comprend essentiellement les chauves-souris frugivores de l’ancien monde. Le groupe des mégachiroptères est composé d’une seule famille, celle des Pteropodidae et de deux sous-familles, les Pteropodinae et les Macroglossinae. La Roussette noire appartient à la sousfamille des Pteropodinae (Nowak, 1994). Le genre Pteropus est représenté par 60 espèces réparties en 17  groupes d’espèces (Nowak, 1999).
    D’après Andersen (1912 in Moutou, 1982) et Nowak (1994), selon des critères essentiellement morphologiques, cette espèce appartient au groupe rufus composé de :

    • P. rufus ;
    • P. seychellensis ;
    • P. voeltzkowi ;
    • P. niger ;
    • P. aldabrensis.


    Enfin, d’après les dernières études génétiques menées, même si P. niger appartient au groupe rufus, son patrimoine génétique se rapproche plus de celui de la Roussette des Seychelles (P. s. seychellensis) que de celui de la Roussette de Madagascar (P. rufus) (O’Brien, 2005 ; Cheke & Hume, 2008 ; O’Brien & al., 2009).

    Principales caractéristiques morphologiques



    Roussette noire 002


    La plupart des mégachiroptères, ont une griffe sur le doigt 2 en plus de celle sur le pouce. Ce caractère primitif est spécifique à ce groupe, les microchiroptères n’ayant qu’une griffe sur le pouce.
    Contrairement aux microchiroptères et à l’exception d’un genre de mégachiroptères (Roussettus sp.), la majorité des chauves-souris de grandes envergures ne sont pas capables d’écholocation (Nowak, 1994).

    La plupart des espèces de la famille des Pteropodidae se caractérisent par :

    • Des oreilles externes allongées, ovales, de forme assez simple et l’absence de tragus (Protubérance de l’oreille externe, qui augmente la réceptivité en concentrant les échos des ultrasons) ;
    • Deux grands yeux bien développés, permettant à la plupart des membres de cette famille de se diriger visuellement ;
    • Un museau allongé, sans feuille nasale (Structure nasale externe) ;
    • Le second doigt est composé de 3 phalanges osseuses. La dernière est très petite voire rudimentaire et porte généralement une petite griffe ;
    • Une queue courte ou absente et une membrane interfémorale absente ou très peu développée ;
    • Pour les mâles, un pénis qui ressemble à celui de certains primates ; et pour les femelles, une paire de mamelles sur la poitrine ;
    • Des dents très fortement adaptées à un régime frugivore (canines proéminentes et molaires modifiées) (Nelson, 1989 ; Nowak, 1994 ; Peterson & al., 1995).
    Roussette noire 001

    Pour en savoir plus, nous vous proposons de découvrir le plan de conservation de la Roussette Noire (Télécharger pdf logo)