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De 1716 à 1815

De l'économie de cueillette à celle de plantation

Introduction et découverte du café

Découvert par hasard en 1712, le café indigène de Bourbon fut reconnu lors du débarquement par le "Chasseur" des vingt plants de café sur les soixante embarqués à Moka. Quarante avaient péris en mer et deux seuls fructifièrent mais ils suffirent à lancer la culture. En 1727, la production exportée vers la métropole atteignait 120 000 livres.

Cafe bourbon XVIII

Organisation administrative

Ayant décidé de développer Bourbon, la Compagnie commença par augmenter le nombre des administrateurs et dans sa séance du 23 novembre 1718 le Conseil Provincial fit un tour d'horizon complet de la situation.
Des divergences graves s'étant élevées entre colons et administrateurs ceux-ci décidèrent en un Conseil Secret de ne pas tenir compte des instructions de la Compagnie afin d'éviter une révolte.
Le Conseil Provincial fut érigé en Conseil Supérieur le 18 septembre 1724. Ce Conseil Supérieur qui avait une double compétence, administrative et judiciaire, reçut jusqu'à l'installation de La Bourdonnais les appels formulés contre des sentences du Conseil Provincial de l'Ile de France créé en 1726.
Cette organisation administrative fut remaniée par l'Ordonnance Royale de 1766: Le Gouverneur était un chef militaire et le représentant du Roi. Il était assisté d'un Intendant. Le Conseil Supérieur rendait la justice et un tribunal terrier fut créé.
En 1771 une juridiction royale fut installée et ses jugements allaient en appel devant le Conseil Supérieur, lui-même réorganisé.
Pendant la Révolution l'Assemblée Coloniale s'empara de tous les pouvoirs, y compris législatif et le Gouverneur vit son rôle se réduire à celui d'un simple commandant de troupes.
Sur la proposition de Gaspard Monge, Ministre des Colonies, Bourbon perd le nom que de Flacourt lui avait donné pour devenir Ile de la Réunion en l'honneur de la réunion de la Belgique à la France (décret N°393 du 19 mars 1793).
Sous le Consulat et l'Empire le Général Decaen replaça la Réunion sous la dépendance complète de l'Ile de France. A la demande des habitants lassés de l'anarchie qui régnait depuis plus de dix ans et enflammés d'enthousiasme pour un empereur qui leur avait repris toutes leurs libertés, l'Ile change à nouveau de nom et devient Ile Bonaparte.
La période se termine par l'Occupation Anglaise qui n'amena autre chose qu'un nouveau  changement de nom «Isle of Bourbon». La rétrocession à la France eut lieu le 6 avril 1815.


Gaspard monge litho delpech

Organisation de la défense de l'île et évènements militaires

En 1715 il n'y a pas d'organisation militaire et les milices bourgeoises ne sont d'aucune efficacité. En 1721 Le Cordier Directeur de la Compagnie des Indes conçoit un plan articulé autour d'une Compagnie de trente soldats de métier. Mais l'Ile de France est occupée la même année et malgré les protestations de Dumas, Gouverneur Général des deux îles, les meilleurs soldats et produits ouvrés sont débarqués à Maurice.
En 1735 Labourdonnais trouve une maigre garnison pas de casernes ni de fortifications. Il réorganise les milices, entreprend la lutte contre les marrons, construit des casernes et tente d'enrôler les jeunes dans la Marine.
En 1741 il crée le corps des Chasseurs de Bourbon qui s'illustra dans l'Inde tant à Pondichéry qu'à Madras.
Après la rétrocession, en 1768, les milices prennent le nom de Troupes Nationales: chacun des cinq quartiers devait fournir un contingent de 1.200 hommes parmi lesquels se recrutait le Corps des Volontaires composé de 200 hommes.
Ces Volontaires se couvrirent de gloire sous Lally Tollendal mais payèrent un lourd tribut.
En 1790 les Troupes Nationales devinrent Garde Nationale.
Les fortifications furent élevées à partir de 1751 et Saint-Denis se trouvait défendue par une série de batteries qui furent désarmées après la paix de Versailles de 1783.
Saint-Paul participa à la guerre de course et servit de rade de secours à Port-Louis.
Exaspérés par les exploits des corsaires qui ruinaient leur commerce les Anglais entreprirent des croisières d'abord au départ des Indes, puis du Cap et enfin de Rodrigues. Les combats de Sainte-Rose et de Saint-Paul montrèrent la faiblesse des défenses de l'Ile Bonaparte. Les Anglais décidèrent d'attaquer en force la capitale qui succomba le 9 juillet 1810 après la défaite de la Redoute.

Expansion démographique

Malgré la réticence des premiers colons qui avaient maintenu une égalité numérique entre blancs et noirs pendant un demi siècle, la mise ne valeur des terres nécessita la traite de nombreux esclaves qui, pendant la régie de la Compagnie, sont venus d'Inde, d'Afrique et surtout de Madagascar. Après la rétrocession, les éléments africains seront prépondérants.
L'immigration européenne s'intensifie mais demeure modeste. En fin de période on compte plus de trois esclaves pour une personne libre et en un siècle la population est passée de 1200 à 70000 personnes.

esclavage bourbon

Vie économique

En matière agricole la Compagnie incite tout d'abord les colons à développer la production de café. Desforges-Boucher s'attelle à cette tâche mais à sa mort en décembre 1725 on ne peut encore qu'entrevoir la réussite de l'opération. Dumas de 1727 à 1735 cherche à améliorer la qualité des fèves et leur séchage. La Bourdonnais poursuivra les efforts dans le même sens mais déjà on parle de rompre la monoculture caféière et dans son plan pour le développement des deux îles le malouin assignera à Bourbon le rôle de grenier pour le ravitaillement des marins et soldats qui pendant vingt ans iront guerroyer sur le continent indien. Si tabac, coton et indigotier ne connurent que de maigres succès, en revanche, le café, pour des raisons politiques, se vendit bien et à la rétrocession constitua encore la principale ressource de l'Ile.
Pendant la période royale Bourbon fut en mesure d'assurer la subsistance des deux îles, continua à être exportateur de café et connut l'introduction des épices girofle, muscade.
Pendant la Révolution, troupes régulières et corsaires ne manquaient d'y venir à chaque croisière s'approvisionner en hommes et en vivres.
Sous l'Empire, les cyclones de 1806, la sécheresse et les avalasses de 1807 diminuèrent caféiers, bois noirs et raclèrent dans certaines régions le sol jusqu'au tuf. Il fallait de nouveau repenser l'agriculture bourbonnaise.
Pendant tout le siècle l'industrie demeure inexistante et les essais de distillation entrepris sous l'Empire furent interdits par Decaen soucieux de protéger les intérêts des guildiviers de l'Ile de France.
D'abord monopole de la Compagnie le Commerce fut ouvert aux habitants en 1741 pour une période de six ans. L'expérience fut négative et ce n'est que pendant les dernières années de l'Ancien Régime que les colons furent autorisés à vendre leurs productions où bon leur semblait.
Pendant la Révolution la tutelle de l'Ile de France se relâche et les navires américains fréquentent nos rades. L'Empire met fin à cette liberté et rétablit une sorte de monopole du commerce au profit de l'Ile de France.
L'histoire de la monnaie se caractérise par une disette chronique de piastres d'Espagne. La Bourdonnais créa des billets de caisse qui permirent aux habitants, qui utilisaient le café comme moyen de paiement, de se libérer entre eux. Cette prémière expérience de papier-monnaie fut renouvelée et pendant la période royale le papier-carte joua le même rôle. Il y eut aussi les assignats de la République. Paradoxalement il fallut attendre l'occupation anglaise pour disposer d'espèces monétaires en quantité suffisante.
Enfin en matière d'équipement l'effort routier entrepris par la Compagnie des Indes fut poursuivi par les administrateurs royaux qui réalisèrent la première adduction d'eau à Saint Denis et le canal des Moulins, le long duquel se trouvaient meules et boulangeries.

Rosemont - La culture du café à lîle Bourbon

Régimes politiques

Pendant la régie de la Compagnie des Indes il n'y a pas à proprement parler de vie politique. Mais les notables siègent au Conseil Supérieur et participent aux décisions. En 1730 et en 1731 des «députés» sont envoyés à Paris pour négocier avec la Compagnie notamment le prix d'achat des cafés.
Sous Louis XV se déroulent les différents épisodes de la guerre des Indes qui se termine par la victoire anglaise et la faillite de la Compagnie qui se voit obligée de rétrocéder l'Ile au Roi.
Pendant la période royale, l'Ile jouit d'une certaine prospérité due à une économie équilibrée. La paix règne à nouveau. Une assemblée de notables administre les fonds provenant de l'impôt de capitation. Cette Assemblée se fait représenter à Paris par M. de Saint-Janvier.
La Révolution est accueillie avec faveur et une vie politique tourmentée va commencer. Une Assemblée Générale se réunit à la Convocation des États Généraux, se proclame permanente et inviolable et commence à légiférer. Un nouveau député est élu.
L'Assemblée Coloniale prévue par le décret du 28 mars 1790 prit fonctions le 28 octobre. Elle s'occupa de l'organisation des paroisses, des municipalités et même de la justice ce qui entraîna un premier conflit avec le Gouverneur. Le conflit réglé, l'Assemblée rédigea un projet de Constitution Coloniale. A ce moment arriva à Bourbon le Commissaire Civil Tirol nommé par la Législative et qui voulut jouer le rôle de super-gouverneur. L'Assemblée ignorant ces luttes d'influence adopta, le 4 juillet 1793, sa Constitution Coloniale. Le 16 mars précédent la République avait été proclamée et le drapeau tricolore adopté.
Les esprits s'échauffaient et la création de chaumières républicaines entraîna la mise en place de clubs royalistes des Amis de l'Ordre. Ces sociétés avaient des ramifications dans toute l'île et un incident (pendaison en effigie d'un sans-culotte) entraîna la disparition du quartier de Saint-André et la destruction de l'église.
Le changement de nom de l'île décidé à Paris le 18 mars 1793 par la Convention n'avait pas encore été sanctionné par le Gouverneur du Plessis l'année suivante. Un groupe d'exaltés agréés par Malartic, Gouverneur Général résidant à l'Ile de France, débarqua de la frégate La Minerve le 11 avril 1794, s'empara du gouverneur et d'autres personnalités et imposa le changement de dénomination. Une médaille fut gravée à cette occasion. On arrêta et mit en prison l'Amiral de Saint-Félix, Decrès et de Villèle mais ces derniers furent promptement relaxés.
Une deuxième Assemblée Coloniale fut élue. Elue au suffrage censitaire, elle était plus modérée et dut faire face à la révolte du Canton Sud dirigée par Belleville, à la Conjuration du 25 pluviôse et à une troisième protestation venue de Saint-André. Ces trois rebellions se terminèrent par des déportations.
Mais les colons craignaient la suppression de l'esclavage décidée par la Convention et certains extrémistes prétendaient conjurer ce danger en demandant le rattachement à l'Angleterre. La question fut mise à l'ordre du jour le 24 février 1800 et la proposition fut repoussée grâce à la brillante intervention de Villèle. Une motion votée le 30 janvier 1801 confirmait la volonté des colons de ne pas rompre avec la Mère Patrie. En fait l'esclavage fut rétabli par Bonaparte le 20 mai 1802 et la Révolution se termina dans l'indifférence générale.
Arrivé en 1803 Decaen supprima les Assemblées élues et la subordination à l'Ile de France fut plus grande que jamais. A la demande des habitants l'île changea à nouveau de nom et devint l'Ile Bonaparte. Les catastrophes atmosphériques de 1806-1807 ruinèrent les plantations et le courage des habitants n'empêcha pas l'occupation anglaise qui dura de 1810 à 1815. 

Decret Bourbon-Reunion

Création des paroisses et édification des sanctuaires

Le concordat de 1712 confia aux Lazaristes la mission des îles mais il ne régla ni les problèmes matériels ni celui de l'autorité ecclésiastique.
Les Administrateurs Locaux, à court d'argent, non seulement versaient irrégulièrement les pensions prévues mais encore firent en 1723 un emprunt forcé à la paroisse de Saint-Paul.
Par ailleurs l'autorité de l'Archevêque de Paris demandée par le Roi déplaisait à la Cour de Rome et ce ne fut qu'après de longues négociations que le conflit put être réglé par Benoît XIV en 1753. L'autorité spirituelle de l'Archevêque fut confirmée pour près d'un siècle, jusqu'à la création des évéchés coloniaux en 1851.
Sur le plan local devant l'inaction des administrateurs qui se préoccupaient fort peu de bâtir des sanctuaires en maçonnerie, le Préfet Apostolique proposa en 1736 de prendre à la charge de la Congrégation de la Mission, moyennant certaines conditions les frais de construction. Ce traité ne fut ratifié par La Bourdonnais qu'en 1744 mais les Missionnaires devancèrent les formalités et l'Église de Sainte-Suzanne fut achevée en 1729 et celle de Saint-Benoît en 1735. Elles devaient servir de modèle aux autres: Saint-Denis terminée en 1746, Sainte-Marie en 1754, Saint-André en 1751, Saint-Louis en 1736 et Saint-Pierre en 1765.
Avec l'Église de Saint-Paul qui avait été refaite en pierres en 1708 les huit paroisses que comptait Bourbon pendant la régie de la Compagnie des Indes avaient été dotées de sanctuaires dont on peut se faire une idée en regardant l'Église de Sainte Marie.
Trois nouvelles paroisses: Saint-Leu, Saint-Joseph et Sainte Rose virent le jour pendant la période royale et furent dotées d'églises et de chapelles. La Révolution qui tarit le recrutement sacerdotal amena une déchristianisation de la population.

eglise sainte-suzanne

Instruction publique

La Compagnie n'ignorait pas l'indigence intellectuelle dans laquelle croupissait la population de Bourbon. C'est pourquoi le traité de 1712 conclu avec les Lazaristes prévoyait l'établissement d'un collège.
En fait, à leur arrivée en 1715, les Missionnaires se heurtèrent à des problèmes matériels considérables et il fallut trouver des solutions provisoires: Envoi en Métropole de jeunes adolescents, embauche de précepteurs, enrôlement dans l'armée, ouverture de petites écoles paroissiales.
Le nouveau traité de 1736, ratifié par La Bourdonnais en 1744, reprend l'idée de la Construction d'un Collège mais précise que l'accord et la contribution des habitants seront indispensables.
En attendant la construction, quelques maîtres laïques ouvrent des écoles pour garçons et même pour filles (Françoise Jehanneau de Trévalon).
Il fallut l'arrivée du Gouverneur de Lozier-Bouvet pour que le projet des Lazaristes reçoive un commencement d'exécution.
La première pierre du Collège fut posée le 4 janvier 1752 et les travaux durèrent sept années, mais l'établissement fut ouvert aux externes dès 1756. En 1767 on comptait 80 élèves répartis en cinq années de classes. Parny et Bertin avaient bénéficié de cet enseignement avant d'aller continuer leurs études en Métropole.
Aux difficultés de recrutement des maîtres s'ajoutèrent bientôt celles de l'entretien d'un bâtiment trop vaste. C'est pourquoi, lors de la rétrocession au Roi, le Ministre décida la suppression du Collège. Les bâtiments furent transférés à la Marine qui en fit une Caserne.
On essaya de remplacer ce collège Saint Cyprien mais rien de sérieux n'aboutit avant la création du Collège Royal en 1818.

college st-cyprien-ile-bourbon

L'esclavage

En 1714 il n'y avait que 538 esclaves à Bourbon et ils étaient d'origine très diverse. Aucune législation spéciale n'était prévue pour eux et le premier le Gouverneur Parât, peut-être sous l'impulsion des Lazaristes qui venaient d'arriver, se préoccupa de régler les relations entre maîtres et esclaves.
L'Ordonnance de 1723, variante de l'Ordonnance de 1685 connue sous le nom de Code Noir fixa le statut des esclaves aux Iles.
L'esclave est un «meuble» et appartient au maître mais il est aussi un être vivant qui a une âme. Il doit donc être baptisé et élevé dans la religion catholique. Il peut fonder une famille et le mari, la femme et les enfants impubères ne peuvent être vendus séparément.
Le maître a un droit de correction mais l'esclave maltraité a le droit de se plaindre au Procureur Général. Ce dernier doit intervenir d'office quand il est avisé par des tiers.
La condition d'esclave prend fin par l'affranchissement. L'affranchi bénéficie de tous les droits civils mais demeure incapable de recevoir des blancs toute donation entre vifs.
Le marronnage prend une certaine extension mais diminue vers 1750/1760 d'une part sous l'action des «détachements» lancés à leur poursuite, d'autre part avec l'installation dans les hauts des propriétés des blancs prolétarisés qui connaissent et occupent leur terrain favori.
Plusieurs révoltes ont été ourdies mais toutes ont été dénoncées. La plus importante eut lieu sous l'occupation anglaise et elle fut durement réprimée.
Le décret du 18 pluviôse An II ordonnant la libération sans indemnité des esclaves n'ayant pas été appliqué, deux Commissaires Baco et Burnel furent envoyés pour le faire exécuter. A peine arrivés à l'Ile de France ils furent rembarqués et dirigés sur Manille.
A la Réunion l'Assemblée Coloniale décida en 1801 la suppression officielle de la Traite. Celle-ci devint clandestine et dura pratiquement jusqu'en 1848.

Code noir sculpture marco ah-kiem

Les moeurs

Sous l'influence des Lazaristes, les mœurs vont se policer lentement mais sûrement jusqu'à la Révolution.
En début de période, les habitants sont revêtus de vêtements simples et d'étoffes légères. Ils ne portent ni bas ni souliers et sont généralement en bonne santé.
Il y a les repas et bals de famille et pour certains privilégiés violons et théâtres de marionnettes.
Les maisons sont assez grandes et propres mais sont exclusivement construites en bois.
En milieu de siècle les chapeaux de paille et les souliers commencent à apparaître.
Les maisons sans étage étaient bâties de bois équarris et recouvertes de madriers ou de paille. Elles comportaient presque toujours une véranda.
Après que le Gouverneur eut lancé à Saint-Denis la construction en pierres du Grand Magasin qui deviendra par la suite l'Hôtel de la Préfecture, les Lazaristes entreprirent l'édification des églises et presbytères «à chaux et à sable».
Le Gouverneur Gérard de Ballade créa la première troupe théâtrale.
Enfin à la période royale les femmes de qualité portaient des robes à la Watteau avec corsages armaturées, longues jupes et débauche de couleurs pour les plus jeunes, casaquines, jupes plus ou moins compliquées avec assortiment de mitaines, fichus, tours de col, bonnets et cornettes pour les plus âgées.
Quant aux messieurs, leur tenue normale était le costume bien connu de l'Ancien Régime : Habit à la française, veste, culotte et bas en dessous du genou.
En dehors de ces personnages, les gens simples se contentaient de vêtements élémentaires et légers : chemise, culotte ou caleçon et parfois veste pour les hommes ; chemise fendue par le haut et boutonnée aux manches, jupe un peu trainante par derrière et parfois un casaquin pour les femmes. Les uns et les autres ne portaient ni bas ni souliers. Sur la tête les femmes mettaient des bonnets et des mouchoirs et les hommes des chapeaux. Le chapeau avec la pipe et le bâton étaient les éléments caractéristiques de la silhouette du créole de l'époque.
Quant aux esclaves, s'ils travaillaient presque sans vêtements, du moins dans les champs, cela ne signifiait pas qu'ils n'en possédaient point et n'en portaient jamais. Leur habillement se composait pour les hommes de chemises et de caleçons de toile de guinée bleue fabriquée en Inde et pour les femmes de cottes et de chemises, également de guinée ou d'autre toile bleue. Sur la tête, ils portaient des mouchoirs rouges ou bleus. Peut-être exista-t-il des livrées plus élégantes allant jusqu'à comporter des bas mais jamais de souliers.
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