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Des origines à 1715

Naissance d'une communauté

Découverte de l'île de la Réunion

Certainement découverte par les navigateurs arabes avant le douzième siècle de notre ère, l'ïle de la Réunion fut reconnue par le pilote portugais Fernandez Peteira probablement le 9 février 1509 qui valu à notre île d'être baptisée un temps Santa Apolonia. Mais c'est Pedro de Mascarenhas, Amiral de la flotte dont faisait partie Peteira, qui laissa son nom à l'Archipel des Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodrigue et îles adjascentes) et en particulier à La Réunion qui, jusqu'au début du 19ème siècle fut communément appelée par les marins Mascareigne, Mascarin ou Mascarène.

Carte de Pedro REINEL (1518) où apparaît Santa Apolonia

 

 

Premiers visiteurs

Pendant près d'un siècle, les Portugais furent les seuls navigateurs européens dans l'océan Indien mais aucun document faisant mention d'une relâche dans notre île, ne nous est parvenu.
En revanche, dès 1611, un Hollandais, l'Amiral Verhuff, signale avoir longé nos côtes. Un Anglais, Samuel Castleton, y débarque en 1613. Il est suivi trois ans plus tard d'un Portugais et en 1619 de Willem Bontekoe qui publiera aux Pays-Bas en 1625 un récit enthousiaste qui contribuera à porter notre modeste terroir à la connaissance des Européens. Enfin deux autres Anglais y font relâche en 1629 et y débarquent des caprins et des porcins contribuant ainsi à l'augmentation de la faune originelle.

Gravure représentant Willem Bonte Koe qui débarqua sur l'île en 1619

Arrivée des premiers français

Malgré une longue tradition, il semble que le "Saint Alexis" n'ait pas été le premier navire français qui ait abordé à Mascarin. Il semble également que Jacques Pronis, gouverneur du Fort-Dauphin n'y ait jamais mis les pieds. Par contre c'est lui qui y fit déposer les douze premiers français qu'il y avait déporté.
Etienne de Flacourt, nouveau commandant du Fort-Dauphin fait prendre possession officielle de l'île en 1649 et y fait déposer quatre génisses et un taureau.
En 1654, le navire "l'Ours" dépose à Saint-Paul un nommé Antoine de Thoreau accompagné de sept autres Français et de six Malgaches.
Cette première tentative de colonisation prendra fin moins de quatre ans plus tard avec l'intervention du capitaine Gosselin qui, mentant éffrontément, emmènera tout le monde en Inde.
Redevenue déserte, Bourbon acceuillera en 1663 Louis Payen, un autre Français et huit Malgaches dont trois femmes.
Enfin en 1665 arrive Régnault et ses vingt colons envoyés par la Compagnie des Indes fondée par Colbert. La mise en valeur de l'île va commencer à s'esquisser.

grotte st paul

Physionomie de Bourbon au XVIIe siècle

Aux vingt premiers colons de Régnault vinrent s'ajouter cinq jeunes filles et quelques hommes laissés par la flotte de Montdevergue.
Une prise de possession solennelle eut lieu le 1er mai 1671 sous la présidence de l'amiral Blanquet de la Haye.
En 1674, Bourbon accueille les rescapés du massacre du Fort-Dauphin et donne asile à des forbans repentis.
L'introduction des premiers esclaves remonte à 1690, mais les colons sont réticents car ils craignent pour leur sécurité.
En 1715, sur 1.157 habitants on comptait 623 Blancs et 534 Noirs. Régnault avait débarqué un demi-siècle auparavant.

Compagnie des Indes Orientales

Établi par Alexandre le Grand, le commerce européen avec les Indes et la Chine se fit d'abord par le Moyen Orient. Les Portugais furent les premiers à atteindre l'océan Indien en contournant l'Afrique (1498). Ils furent suivis un siècle plus tard par les Hollandais, puis par les Anglais et enfin les Français. Après plusieurs tentatives infructueuses une compagnie commerciale d'inspiration étatiste fut créée par Colbert en 1665.
Cette Compagnie des Indes entreprit la colonisation de Bourbon mais ne tarda pas à s'en désintéresser parce que l'île n'avait pas de port naturel et qu'elle était trop près de l'Inde et trop éloignée de l'Europe. C'est ainsi que vers 1700, la Compagnie des Indes ira jusqu'à proposer aux Portugais de l'échanger contre 100 000 écus d'or, ou une ville de l'Inde.
Cependant un de ses directeurs, Foucherolle s'attacha à l'étude de ses ressources et à la connaissance de ses habitants, préparant ainsi la mise en valeur qui aura lieu après la découverte du café.
On changea même les noms des principales pointes de l'île afin de se concilier les faveurs des princes de la maison royale.

Armoiries de la Compagnie des Indes Orientales

Organisation administrative et judiciaire

Au début tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du Gouverneur, nommé par le Roi et qui agit en son nom.
Ce système conduit à des abus flagrants dont les colons se défendent soit en s'enfuyant sous de la Hure, soit en emprisonnant et assassinant le Gouverneur (de Vauboulon).
Abandonnés par la Compagnie après le naufrage du «Saint-Jean Baptiste», les premiers colons se choisissent des chefs eux-mêmes. Ce seront les Six Élus de Saint-Paul.
Tout rentre dans l'ordre en 1696 avec la nomination de Bastide qui institua des commandants de quartier chargés de lui rendre compte des événements.
De Villers fut un des meilleurs administrateurs de la colonie naissante. Enfin, De Parat créa un Conseil Provincial qui associait les colons à la vie administrative et judiciaire et dont les décisions étaient susceptibles d'appel devant le Conseil Supérieur de Pondichéry.

Vie économique

Dès leur arrivée les colons se mirent à cultiver des racines et des plantes vivrières. Exploités par la Compagnie qui achetait leurs vivres à vil prix et leur vendait les produits manufacturés à des tarifs exorbitants, ils se contentèrent rapidement de survivre grâce, notamment à la chasse.
Tout changea à partir de 1685: les forbans qui sillonnaient l'océan Indien découvrent la possibilité de se ravitailler à Bourbon et d'y commercer avec les habitants. Ceux-ci, trouvant un débouché pour leurs produits agricoles, se mettent à travailler et à s'enrichir. En 1707 l'île était devenue si prospère qu'elle était en mesure de prêter 150.000 écus à Pondichéry. Les projets ne manquent pas, mais il n'y a pas de bras pour les réaliser.

chasseur de cabris

Education spirituelle

Bien que la Compagnie n'ait pas eu le souci d'assurer aux premiers colons le secours de la Religion, Louis XIV tint à pourvoir en personne aux besoins de ces Français transplantés dans l'océan Indien.
Négligeant de prendre l'avis du Pape, il envoya à Bourbon des capucins de Bretagne dont le ministère prit fin en 1696 après l'assassinat de Vauboulon.
Leur relève fut assurée pour peu de temps par deux prêtres des missions étrangères habilités par l'Archevêque de Paris.
Le passage en 1703 du Cardinal Maillart de Tournon remit en cause l'état de fait existant. Rome intervint auprès du Roi et après des démarches qui durèrent huit années, un accord fut conclu le 22 décembre 1712 et ce sont les lazaristes qui assureront pendant un siècle l'éducation spirituelle des Bourbonnais.

Moeurs

Faute de prêtres en nombre suffisant, l'instruction et l'éducation religieuse sont pratiquement inexistantes.
Libre de toute contrainte juridique ou morale, l'esprit d'indépendance se développe et les premiers colons ne trouvent aucun chef à leur convenance. Les condamnations qui suivirent l'assassinat de Vauboulon ramenèrent un peu de calme dans les esprits.
Les Européens étant peu nombreux, le métissage est inévitable et beaucoup de créoles du début du 18e siècle ont des ancêtres malgaches et indiens.
Les loisirs sont nombreux, mais la lecture et les spectacles étant exclus, les hommes s'adonnent à la boisson. Les uns et les autres apprécient bals et fêtes.
L'habitat est sommaire: les maisons sont en bois avec le sol en terre battue.
Les vêtements sont simples: chemise et pantalon pour les hommes, corsage, jupe et mouchoir pour les femmes. Point de dessous, point de souliers. Une feuille de bananier sert de parasol.

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