visiter sculptotheque


PHILIBERT Pierre-Henri (1774-1824)

Introducteur de la vanille à la Réunion
Député de La Réunion


Date de naissance:
24 janvier 1774
Date du décès:
1824

La Réunion lui doit l'introduction de la vanille, des palmiers gigantesques, de l'ananas Philibert (Maingard), du mûrier et des vers à soie. La France et l'Europe lui doivent le courage d'avoir dit non à Napoléon quand celui-ci, réfugié à bord de sa frégate, La Saale, le 8 juillet 1815, le supplia de lever l'ancre. Le refus de Philibert changea l'histoire de la France et du monde.

Pierre Henri PHILIBERT

 

Pierre-Henri, quatrième enfant de Pierre-Nicolas-Jacquin Philibert et d'Augustine-Thérèse Lheureux, naquit à St-Denis le 24 janvier 1774. Son père était sous-commissaire et contrôleur de la marine à Bourbon.

En 1786, le jeune Pierre-Henri entre dans la marine. Cette carrière de marin l'éloignera de son île natale pendant trente ans. Il traverse avec beaucoup de difficultés les années terribles de la Révolution. Le 18 janvier 1814, il se signale à l'attention de tous en affrontant la frégate anglaise Severn. Philibert commande L'Etoile de concert avec Dupetit-Thouars à bord de La Sultane. Une semaine plus tard ils s'illustrent ensemble contre La Créole et L'Astreo. Mais les 26 et 27 mars 1814, ils essuient un grave revers contre L'Hannibal, L'Hébrus et Le Sparrow. Leurs vaisseaux sont capturés par les Anglais. Traduits en conseil de guerre, ils furent acquittés le 23 juin 1814. Philibert fut même fait chevalier de la Légion Honneur le 11 juillet 1814 et chevalier St-Louis le 18 août 1814.
 
Philibert se retrouva le 8 juillet 1815 dans une situation qui aurait pu changer la face du monde. Alors qu'il commandait la frégate La Saale, Napoléon vint se réfugier à bord pendant quatre jours. Des plans furent faits pour empêcher son exil à Ste-Hélène et préparer sa fuite. Philibert n'osa pas. Ce refus (ou ce manque de panache) fut apprécié par Louis XVIII. Ainsi le 31 décembre 1820, il fut reçu dans les appartements du roi qui le nomma député des colonies. Cette nomination rendue publique par ordonnance du 9 janvier 1821 fut une surprise car les deux autres prétendants (Billiard, auteur du Voyage aux Colonies Orientales et Jean-Baptiste Pajot, beau-frère de M. de Villèle, chef du gouvernement) avaient des appuis considérables.

En 1816, Philibert fit escale à l'île natale. Il commandait L'Amphitrite qui transportait en Inde, Dupuy, le nouveau gouverneur de Pondichéry. Le 26 juin 1819, il était de retour à Bourbon au commandement d'une division composée du Rhône et de La fronce, envoyée en mission dans «les mers Orientales» afin de ramener des plantes précieuses à Bourbon. On lui doit de façon indiscutable d'avoir introduit à Bourbon la vanille, des palmiers gigantesques et l'ananas Philibert devenu par la suite ananas Maingard. De la Chine, il ramena le mûrier et les vers à soie.

Il quitta Bourbon début juillet 1819 pour Manille et retourna à St-Denis le 9 mai 1820 avec 40 agriculteurs chinois qui seront envoyés par la suite à Cayenne. Philibert repartit pour la France le 13 juin 1820.

Il épousa une jeune créole de St-Domingue. En 1824, il mourut subitement sans postérité. «Il ne laissa d'autre fortune au monde» affirme Legras «que le souvenir de ses utiles et infatigables travaux».


Le secret de la Vanille

En partant de France j'avais un grand nombre de plants d'arbres fruitiers, de vignes, ainsi que beaucoup de graines; le tout destiné pour Cayenne. Faisant mes efforts pour en réserver une partie pour l'île de Bourbon, j'y ai même joint des plants et des graines de Cayenne qui seront très utiles ici. La Guyane étant peu cultivée, je n'ai pu m'en procurer autant que je l'aurai désiré, mais dans ce petit nombre, il y en a de précieux. Je crois par exemple, que vous regarderez comme un bienfait, l'introduction du vanillier dans cette colonie qui peut lui offrir une source de prospérité. La France en enlèverait notamment plus que Bourbon n'en pourrait récolter. Peut-être aussi ce végétal pourrait devenir un objet d'échange avec l'Asie. Ainsi les colons ne peuvent que gagner à la cultiver.

Philibert
(Lettre au gouverneur Milius)
jeeptour-ge.comgoogle adwiordstrading Strategybinary options trading