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LISLET-GEOFFROY Jean-Baptiste (1755-1836)

Ingénieur - Géographe

Date de naissance:
23 août 1755
Date du décès:
8 février 1836

Fils de Niaman, "négresse de Guinée", Jean Baptiste (il n'avait qu'un prénom pour tout état civil avant d'y ajouter celui de Lislet) reçut de son maître, M. Geoffroy, les premières leçons de mathématiques et finira ingénieur-géographe. Membre correspondant de l'Institut, il y sera en relation avec le duc de Rochefoucauld. L'ayant reconnu comme fils, M. Geoffroy lui donnera son nom et sa fortune. L'Angleterre en fit un sujet britannique honoré à la chute de l'isle de France où Jean-Baptiste s'était établi.

Jean-Baptiste LISLET-GEOFFROY

 

Jean-Baptiste n'avait uniquement qu'un prénom pas de père quand il est né le 23 août 1755 à St-Pierre. Il n'était que «fils de Niaman, négresse de Guinée libre». Marie-Geneviève Niaman, sa mère, était fille de Tonca Niaman, roi de Galam ; elle est née sur le fleuve Sénégal au lieu-dit Tisabou. Son père fut tué dans une razzia et elle fut vendue à l'âge de neuf ans comme esclave à des agents de la Compagnie des Indes. Envoyée à l'isle de France où elle vécut de 1730 à 1746, elle fut rachetée à Mahé de Labourdonnais par Jean-Baptiste Geoffroy, ingénieur de la Compagnie. Il l'affranchit et l'emmena à Bourbon avec lui.

M. Geoffroy habitait L'îlet (lislet) du Bassin Plat ; le jeune Jean-Baptiste qui d'ailleurs tira son nom de ce lieu-dit, reçut de lui les premières leçons de dessin et de mathématiques. Dès 15 ans, l'enfant prodige entra dans les Ponts et Chaussées comme travailleur de base. En 1771, il fait partie de l'expédition Commerson au volcan de la Fournaise en compagnie du chevalier St-Lubin et d'Honoré de Crémont. C'est en souvenir de cette expédition que B. de St-Vincent donna son nom (Piton Lislet) à un pic montagneux. A cette occasion, Jean-Baptiste acclimata à la plaine des Cafres des fraisiers d'Europe venant du jardin de M. Geoffroy à Port-Louis.

Lislet-geoffroy carteJean-Baptiste Lislet partit alors pour l'Isle de France sous les ordres de Tromelin. Il participa aux travaux d'aménagement de la rade de Port-Louis. Tromelin va parfaire les connaissances du jeune homme en mathématiques et en astronomie avant de l'employer comme aide pilote. En 1780, il est nommé dessinateur de génie à l'Isle de France. On lui devra l'amélioration de la cartographie des îles du Sud-Ouest de l'océan Indien (Isle de France, Bourbon, Seychelles, Madagascar). En appréciation de ce travail, il fut l'objet le 23 août 1786, jour de ses 31 ans, d'une rare distinction : il est fait membre correspondant de l'Institut. Son prestigieux correspondant sera le duc de Rochefoucauld. En 1787, il obtient la commission d'ingénieur géographe.
 
En 1788, de retour à Bourbon, il concéda à sa mère par acte du 9 février 1788 la jouissance de la propriété Lislet à St-Pierre. Jean-Baptiste Lislet sera le premier à Bourbon à bénéficier du nouveau décret du 25 janvier 1793 sur l'adoption. Par acte du 23 juin 1794 établi par Leclerc de St-Lubin de l'étude du notaire Burel à St-Pierre, M. Geoffroy déclarait que : «n'ayant ni enfants, ni parents qui fussent venus le rejoindre à Bourbon ; mû d'une vive tendresse pour le fils de Marie-Geneviève Niaman, il adopte pour son fils, Jean-Baptiste Lislet, né le 23 août 1755, fils de Marie-Geneviève Niaman ; voulant qu'il prenne son nom et partage comme tel sa succession.» Jean-Baptiste s'appellera dès lors Lislet-Geoffroy.

La Révolution va permettre à ce «libre de couleur» de prendre toute sa place dans l'élite de la société créole. En 1801, il va d'ailleurs fonder la Société des Sciences et des Arts de l'Isle de France. Officier-adjoint du génie militaire en 1794, capitaine en 1803, c'est lui qui fut nommé chef de la commission du génie par Decaen pour la remise de l'île aux Anglais en décembre 1810. Son tact plût à Farquhar qui lui demanda de rester dans la colonie et lui offrit un emploi.

Le 4 janvier 1816, Jean-Baptiste Lislet-Geoffroy devenu sujet britannique se voit confier la charge du Dépôt des Chartes et Journaux de l'île Maurice. Il va passer le reste de sa vie à terminer un important travail sur la climatologie.

Il meurt le 8 février 1836 à la rue d'Artois à Port-Louis à l'âge de 81 ans. A la séance du 27 juillet 1836, François Arago va prononcer à l'Académie des Sciences l'hommage au défunt. Par arrêté préfectoral du 4 juin 1976, le lycée technique du Butor (St-Denis) porte le nom de Lislet-Geoffroy.

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Hommage à Tromelin



Ne pouvant me procurer des maîtres, M. de Tromelin voulut bien m'assister de ses conseils et me donner des encouragements. C'est à ce généreux protecteur que je dois le peu de talent que j'ai pu acquérir et mon avancement dans le service. Croyant voir en moi des dipositions pour la Marine, le Chevalier de Tromelin m'employa aux travaux du pont neuf dont il était chargé. Là, ayant à ma disposition ses livres et ses instruments, je m'appliquai à l'étude des mathématiques et de l'astronomie.

J.B. Lislet-Geoffroy
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