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LEVAVASSEUR Frédéric (1811-1882)

Prêtre anti-esclavagiste

Date de naissance:
15 février 1811
Date du décès:
17 janvier 1882

Le Père Levavasseur œuvrera (1842 - 1849) à l'évangélisation des esclaves de son île natale et les préparera à l'exercice de la liberté dans la dignité. Il initiera la création d'une congrégation nouvelle (Les Filles de Marie) et deviendra vicaire-général de la congrégation du St-Esprit et du St-Cœur de Marie.

Frédéric LEVAVASSEUR

 

LEVAVASSEUR Frederic 000C'est à Ste-Marie le 15 février 1811 que naquit Pierre-Louis-Frédéric Levavasseur, fils de Vïctoire-Tarsile-Henriette-Sidonie-Bernardy de Sigoyer originaire d'Apt et de Frédéric-Elysée-Louis Levavasseur dont le père, Louis-François, quitta la France en 1783 pour se fixer à Bourbon avec une charge dans l'administration coloniale.

Le jeune Frédéric s'embarqua en mai 1829 pour Nantes et Paris pour faire son droit et tenter l'entrée à Polytechnique. Les dernières paroles de son père qui avait observé avec inquiétude le penchant de son fils pour la religion furent : «Sois tout ce que tu voudras, mais jamais prêtre ; car alors je te renierai pour mon fils».

Mal à l'aise à Paris, il se retira à Versailles dans une école préparatoire à St-Cyr et à Marine dirigée par M. Millet. Angoissé par ses problèmes d'orientation future et la réaction paternelle, il rata ses examens alors que la vocation ecclésiastique se faisait de plus en plus forte.
 
A Bourbon les événements politiques de 1830 et des cyclones successifs achevèrent de ruiner M. Levavasseur père. Un seul espoir restait : le retour de Frédéric qui reprendrait les affaires. Le mariage de sa sœur Constance avec Boyer de la Giroday, beaucoup plus capable que lui et que son frère Victorin de rétablir la situation désespérée de la famille le décide. Il serait prêtre. Sa mère n'y mit qu'une condition pour donner son consentement : celle de revoir son fils encore une fois.

Et un soir de décembre 1835 le jeune Frédéric se présenta aux siens à Ste-Suzanne dans son nouvel habit de clerc. Son séjour dans l'île lui permit d'appréhender le problème de l'esclavage des Noirs et de jeter les germes d'une vocation chez ses deux cousines Aimée Pignolet de Fresnes et sa sœur, futures fondatrices d'une congrégation nouvelle Les filles de Marie. Il retourne à Paris en juin 1836 et rentre au séminaire à Issy où il fart une rencontre déterminante, celle du père Libermann.
 
Ordonné prêtre en 1841, il arrive le 10 juinn 1842 pour un apostolat difficile qui durera 7 ans à Bourbon. Il y sera pour tous «le prêtre des Noirs». Avant de quitter l'île le 28 novembre 1849, il aura la joie d'être témoin de l'abolition de l'esclavage le 20 décembre 1848.

A la mort du Père Libermann, il sera pendant 22 ans l'assistant du nouveau supérieur général, le père Schwindenhammer auquel il succédera comme vicaire général de la congrégation du St-Esprit et du St-Cœur de Marie le 10 mars 1881. Il meurt l'année suivante, le 17 janvier 1882. Ses restes mortels retourneront à la Réunion le 8 mai 1969.

En sortant de l'embarcation qui du navire nous transportait à terre, je ne rencontrai personne; c'était à la nuit tombante. Je me dirigeai vers l'église; au haut de la rue qui y conduit, je me trouvai tout à coup entouré d'une foule de nègres et de négresses vêtus de blanc, qui me saluèrent avec un respect mêlé de joie. Touché moi-même de ce spectacle inattendu, je pensais bien qu'ils avait pris part ce jour-là à une cérémonie de baptême ou de première communion. Je les saluai de mon sourire le plus affectueux et continuai ma marche vers l'église. La trouvant fermée, je me mis à genoux sur le seuil pour adorer Notre Seigneur et m'offrir à lui par le Saint-Coeur de Marie. Je me rendis ensuite au presbytère où l'on m'apprit que, en effet, l'on avait fait le matin un première communion de cent et quelques Noirs et que les persévérants de l'année précédente, en nombre presque égal, les avaient accompagnés à la Table Sainte. Leur piété à tous était si touchante qu'ils avaient arraché des larmes aux assistants. Je fus bientôt dans les bras de leur missionnaire, M. Monnet, excellent prêtre originaire du diocèse de Cambrai. En apprenant que je venais pour la Mission des Noirs, sa première parole fut pour demander à être admis dans notre Société...

Fr. Levavasseur

 

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