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BRUNET Louis (1848-1905)

Journaliste et notaire
Député - Sénateur - Maire
Président du Conseil Général


Date de naissance:
24 juillet 1846
Date du décès:
26 décembre 1905

Député et sénateur, Louis Brunet sera l'apôtre de "la plus grande France" et pousse à la conquête de Madagascar en 1895. Fondateur de la Ligue des droits coloniaux, il se bat aussi pour "la bienveillance généreuse" envers les peuples conquis. Progressiste, il militera dès 1893 pour l'abolition de la peine de mort en France.

Louis BRUNET

 

Louis-Pierre-joseph-Emmanuel Brunet naquit le 24 juillet 1846 à St-Denis. Il est le fils de Charles Brunet, avoué et conseiller général.

La guerre de 1870 va contrarier ses études de notariat engagées sur les traces de son père. Engagé volontaire dans l'armée de la Loire, il vit mal la défaite comme ses compatriotes Juliette Dodu et le capitaine Lambert, héros de Bazeilles.

De retour à la Réunion il retrouve son cabinet de notaire à St-Benoît avant de s'engager dans le combat politique. Il sera conseiller général puis maire de St-Benoît en 1881 avant de prendre à quatre reprises la présidence du Conseil Général.

Adversaire du Crédit Foncier — «une société d'accaparement (qui) ruine les petits planteurs» — il a donné l'exemple de la résistance en créant une usine sucrière subventionnée par la commune.

Louis Brunet se lance également dans l'aventure de l'écriture. En tant qu'historien il fait revivre les personnages et les grands moments du passé de l'île : les Francs-Créoles et Ripaud de Montaudevert. Il dirige une publication culturelle, la Revue bourbonnaise. Journaliste, il se lance dans l'éducation politique des masses. Dans ses journaux (Le Journal des Communes et Le Ralliement) il défend les idées républicaines et le suffrage universel.

Aux législatives du 20 août 1893 il est élu. Au parlement il sera l'apôtre de «La Plus Grande France» et un des membres du lobby de la conquête de Madagascar en 1895. Fondateur de la «Ligue des Droits Coloniaux» il se bat aussi pour «la bienveillance généreuse» de la France pour les peuples conquis.

Réélu en 1898 et en 1902, ses idées progressistes étonnent : abolition de la peine de mort, création d'un ministère des Colonies de plein exercice.

Le 8 janvier 1905 il est élu sénateur en remplacement de Théodore Drouhet décédé. Au Sénat il sera le premier vice-président de la comission des Affaires Extérieures et des Protectorats. Son mandat sera très court. Il meurt subitement à Paris le 26 décembre 1905 d'une crise d'asystolie. C'est son fils, Auguste BRUNET, secrétaire général des Colonies qui en informera le Conseil Général.


Testament politique

SENAT
Paris 12 décembre 1905
5 heures du matin

Mes chers amis,

Ma dernière pensée est pour mon pays que je me suis toujours efforcé de servir en fils dévoué et en bon citoyen.

Si mon coeur a battu plus vivement, c'est de ses joies et de ses tristesses et de ces émotions communes qui m'ont lié à lui impérissablement.

Je lègue à mes fils dont j'ai voulu faire des hommes, mon amour de la chère terre natale et ma dette de gratitude infinie.

Je n'ai qu'un regret c'est de ne pas reposer auprès des miens.

Je ne sais plus les noms de ceux qui m'ont fait du mal ni si j'ai souffert de leur injustice. Je tends mes dernières forces vers ceux qui m'ont aimé et dont les images restent dans mon coeur.

Je donne à la ville de Saint-Benoît le buste qui m'a été offert par souscription, en témoignage du dévouement que j'ai apporté à la cause des petits et de la fidélité de mon souvenir.

Louis Brunet

 

Bibliographie

  • Histoire de l'association des Francs-Créoles de l'Ile Bourbon
  • Ripaud de Montaudevert, Scènes de la Révolution
  • L'abbé Dermont, Episode de la Commune
  • La France à Madagascar (1815-1895), Etude historique et politique
  • L'oeuvre de la France à Madagascar
  • A outrance (recueil de vers sur la guerre de 1870), 1880.

 

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