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DODU Juliette (1848-1909)

Héroïne

Date de naissance:
15 juin 1848
Date du décès:
28 octobre 1909

Première femme à recevoir la médaille militaire et la Légion d'honneur à titre militaire pour avoir sauvé la vie des 40 000 soldats du général de Paladines en 1870, Juliette Dodu fut saluée comme la nouvelle Jeanne d'Arc. Mac Mahon souligna son héroïsme. Trahie, condamnée à mort par les Prussiens elle ne fut sauvée que par la cessation des hostilités en 1870.

Juliette DODU

 

Juliette Dodu est née à Saint-Denis le 1848 d'un père — Adolphe Dodu, chirurgien de marine en poste dans l'île, mort deux ans plus tard — et d'une mère née Desaïffre de Pellegrin, qui se remarie avec M. Fait du quartier de la Possession.

Juliette part en France en 1864, à l'âge de 16 ans, accompagnant sa mère redevenue veuve et ses deux demi-frères. Grâce au soutien de l'impératrice, sa mère obtiendra un poste de directrice du bureau télégraphique à Pithiviers.

La guerre et la débâcle de 1870 les trouvent dans cette petite ville. Les Prussiens investissent Pithiviers le 20 septembre 1870. Tous les moyens de communication avec le reste de la France sont coupés. Sauf une liaison télégraphique avec Orléans. Juliette Dodu rétablit les commucations en morse avec l'armée française. Pendant 17 nuits, "la jeune créole inexpérimentée" intercepte les dépêches ennemies et les communique aux autorités françaises. Elle sauve ainsi la vie des 40 000 soldats du général de Paladines. Dénoncée par une servante le 15 janvier (selon Mlle de Heaulme alors que M. Le Siner parle du 9 janvier), elle est découverte.

"Je suis française et ma mère aussi. J'ai agi pour mon pays. Messieurs, faites de moi ce que vous voudrez" aurait-elle annoncée fièrement aux envahisseurs. Condamnée à mort comme espionne, elle est graciée par le prince Frédéric-Charles. La signature de l'armistice intervenant deux jours plus tard, elle est heureusement libérée.

Juliette Dodu arborant la Légion d'honneur ainsi que la Médaille militaire, gravure A.Lalauze.Saluée comme la nouvelle Jeanne d'Arc, Juliette Dodu sera la première femme à recevoir la médaille militaire et la Légion d'honneur à titre militaire. Dans le décret du 30 juillet 1878 signé du président Mac Mahon, il est cité : «a intercepté des dépêches au péril de sa vie en 1870, a été condamnée à mort par l'ennemi et sauvée par la cessation des hostilités.»

Abandonnant le service des Postes en 1880, elle devient inspectrice des écoles et des salles d'asile. Elle s'installe en Suisse et meurt à Clarens chez son beau-frère, le peintre Odilon Redon, le 28 octobre 1909. On lui fera des funérailles nationales.

Une plaque est posée sur sa maison natale à St-Denis le 11 novembre 1924. Une rue et un établissement scolaire pour jeunes filles portent son nom. Mais des voix discordantes se sont élevées mettant en cause son héroïsme. Que reproche-t-on à Juliette Dodu? Deux choses.

1 - Elle n'aurait jamais été receveuse des postes à Pithiviers en 1870. Elle n'aurait rien intercepté au péril de sa vie et elle n'aurait jamais sauvé personne. Par contre sa mère aurait pu...

2 - Elle aurait été une "catin", maîtresse du prince Frédéric-Charles de Prusse. En d'autres temps elle aurait été accusée de délit de collaboration avec l'ennemie, fusillée ou tondue.

Et les «calomniateurs» de parler d'escroquerie journalistique montée de toutes pièces par M. de Villemessant, grand reporter et ami de Juliette qui abusa de la confiance de Mac Mahon et de Gambetta. On parle aussi d'intoxication délibérée pour atténuer la défaite militaire honteuse de 1870 en offrant à l'opinion publique, traumatisée par l'invasion de la France, l'exemple d'héroïsme qui fit tant défaut à l'armée française.


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