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DUSSAC Paul (1877-1938)

Avocat
Militant anti-colonialiste

Date de naissance:
15 octobre 1877
Date du décès:
12 mars 1938

Réunionnais né en Crimée, conseiller général de la Réunion, adjudant de la guerre de 14-18 dans les tranchées européennes, président du comité du Front Populaire à Madagascar, avocat anarchiste et journaliste, Paul Dussac militera pour l'indépendance de Madagascar. Quand ce communiste libertaire meurt à Paris, tout Madagascar prendra le deuil.

Paul DUSSAC

 

Fils de Paul Dussac (1844-1892), docteur en droit avocat puis magistrat, le jeune Paul vit le jour le 15 octobre 1877 (1876 selon Randrianja) à Simféropol en Crimée. Son père, communard exalté s'y était réfugié après l'échec de la Commune. Il y rencontra et épousa Mlle Alory. Amnistié, il ramènera sa famille à la Réunion quatre ans plus tard. Après des études au lycée de St-Denis, Paul part à Paris pour sa licence de droit. De retour à la Réunion, il fut élu conseiller général en 1902. Mais son extrémisme agace. Il a épousé en 1901 Marguerite Voïart qui serait par la suite partie pour Maurice. Ils auront deux fils : Paul né en 1902 et Louis.

Paul Dussac s'installa alors à Mayotte, racheta une petite sucrerie en exerçant comme "agent d'affaires". Il s'engagea simple soldat en 1914 et se battit dans les tranchées européennes. Quand il rentra à Mayotte après la victoire en 1918 avec le grade d'adjudant, il découvrit que l'Etat avait saisi son domaine pour nonpaiement d'impôt en son absence. Il en conçut un vif sentiment de révolte. Il recommença à zéro en se faisant octroyer deux concessions à Nossy-Bé, où mourut son père, et les appela par provocation Soviet et Lénine. Il devint correspondant dans l'île de la Ligue des Droits de l'Homme.

En 1925, Paul Dussac rencontra le leader nationaliste malgache et journaliste Jean Ralaimongo. Il collabora au journal anti-colonialiste l'Opinion de Diégo-Suarez et combattît le projet de travail obligatoire (Smotig). Ralaimongo fut arrêté et emprisonné avec d'autres nationalistes malgaches (Ravoahangy). Dussac se vit refuser d'assurer leur défense et décida de s'occuper du journal. Il fut à son tour emprisonné. Pourtant le 20 juin 1928 il donnait une image rassurante de lui-même: "Candidat à la députation (à la Réunion) ayant participé à la Grande Guerre, il ne saurait prêter son concours (...) à un organe anti-français". Quittant l'Opinion et Diégo-Suarez, il mit à profit son déplacement judiciaire à Tananarive pour fonder avec Abraham Razafy un journal social-démocrate Le Réveil de Madagascar. Avec deux communistes français — Edouard Planque et François Vittori — ils tentèrent d'organiser en 1929, une manifestation publique sur "les droits des Français" ; Les Malgaches étant censés avoir la nationalité française.

La manifestation fut réprimée et leurs auteurs condamnés. Cette répression vit la radicalisation des positions de Dussac. Il milita contre "le pouvoir colonial français" et pour l'indépendance de Madagascar. Il créa, avec Jules Ranaivo et Emmanuel Razafindrakoto, le journal indépendantiste l'Aurore Malgache. De décembre 1928 à 1935, Dussac sera inculpé six fois par Cayla et passera quatre années en prison. Sa femme mourut de misère et ses enfants furent abandonnés à l'hôpital. Malgré ces épreuves douloureuses, Dussac ne fléchit pas. Libéré en 1935, il fonde, le 27 octobre, un nouveau journal (La Nation Malgache) en espérant la victoire du Front Populaire en France. C'est lui d'ailleurs qui présidait le Comité du Front Populaire créé à Tananarive le 26 août 1936. Quelques jours plus tôt, le 11 août, il avait créé la Section Française de l'Internationale Communiste, Région de Madagascar suivi de son organe de presse Le Prolétariat Malgache. Mais pour les autorités coloniales il deviendra vite un "dangereux commune-autonomiste", menaçant l'intégrité de l'Empire. Même le parti communiste français prendra ses distances le considérant comme un escroc ou un usurpateur.

Parti à Paris, en avril 1937, pour s'expliquer, il y meurt d'une congestion cérébrale le 12 mars 1938. Tout Madagascar prit le deuil. Si le retour de ses cendres fut refusé, on donna son nom à une importante rue de Tananarive.

"Dussacoff", agitateur bolchevique pour le pouvoir et "St-Paul" pour Ralaimongo, Paul Dussac fut un acteur important de l'histoire de Madagascar.


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