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BONNIER Pierre-Eugène (1856-1894)

Militaire

Date de naissance:
4 février 1856
Date du décès:
15 janvier 1894

Après le Tonkin en 1888, le lieutenant-colonel Bonnier part au Soudan affronter le chef de guerre Samory et ouvrir à la France son empire de l'Afrique occidentale (AOF). Après une marche de 1 100 km en quinze jours, il entra le 10 janvier 1894 dans la "cité interdite" de Tombouctou. Volant au secours d'une autre expédition française, il est massacré après avoir épuisé toutes ses munitions.

Pierre-Eugène BONNIER

 

Le 4 février 1856 naît à la Chaloupe St-Leu Marie-Adolphe-Pierre-Eugène, fils d'Eugène-Constant-Marcel Bonnier et Henriette-Ferdinande-Elisa de Peindray d'Ambelle. Après des études primaires dans l'île natale, il est envoyé au lycée à Marseille puis il entre à l'Ecole Polytechnique. Alors commence pour le jeune Réunionnais une brillante carrière militaire.

Sorti de Polytechnique le 1er octobre 1875, il fut versé comme sous-lieutenant dans l'infanterie de marine. Il fut affecté successivement en Nouvelle-Calédonie en 1878 puis au Soudan en 1882 pour des relevés cartographiques.

Il connaît son baptême du feu en 1888 au Tonkin où il affronte des pirates. En 1893 le lieutenant-colonel Bonnier repart au Soudan pour affronter le chef de guerre Samory et maintenir la présence française dans cette partie de l'Afrique. Aide de camp du général Borgnis-Desbordes, il est appelé en catastrophe au commandemant supérieur du Soudan français, le colonel Combes pressenti pour assurer l'intérim pendant l'absence du colonel Archinard étant tombé malade.

L'occupation de Tombouctou conçue par Faidherbe en  1864 comme l'aboutissement indispensable de la politique soudanaise de la France, est réalisée par Bonnier plus tôt que prévue. En effet le lieutenant de vaisseau Boiteux, commandant la flottille du Niger au mépris de l'interdiction formelle d'Archinard et de Bonnier quitte Mopti pour Tombouctou en novembre 1893. Avec une poignée d'hommes, il convainc, le 16 décembre, le chef Amsa de placer la ville sous la protection française. Mais éloigné de ses bases, ce corps expéditionnaire est menacé par les Touaregs. Bonnier se porte à son secours. Il quitte Ténétou le 13 décembre et en 15 jours parcourt plus de 1100 km en marchant 18 heures par jour. Il ne peut empêcher le massacre du détachement de Léon Aube le 28 décembre mais arrive à temps à Tombouctou. Le 10 janvier 1894, à la tête d'un escadron de spahis sénégalais et de deux compagnies de tirailleurs, il entre dans «la cité interdite». Boiteux est puni pour insubordination.

Informé que la colonne de Joffre qui tentait de rallier la ville était à son tour menacée, il prend la tête d'une expédition pour le prévenir et le secourir. Mais c'est lui qui est encerclé àTacoubao. Le 15 janvier 1894 à court de munitions, sa petite troupe est massacrée et Bonnier est tué d'un coup de lance.

Joseph Joffre, le futur vainqueur de la Marne qui commandait le 5e génie au Soudan, remontera jusqu'au champ de bataille le 8 février mais ne trouvera pas de survivants. Mais la bravoure de Bonnier n'aura pas été vaine. En mars 1894 les Touaregs sont battu. Le 16 juin 1895 un décret créa le gouvernement général de l'Afrique Occidentale Française (AOF) dans laquelle est intégré le Soudan. Chaudier en sera le premier gouverneur. Le nom de Bonnier sera donné à une fortification (Fort Bonnier) et son souvenir reste attaché à l'histoire de l'Afrique de l'Ouest.

Son frère cadet, Gaëtan BONNIER, continuera la carrière militaire dans la zone avec le grade de général. L'allée Bonnier à St-Denis perpétue sa mémoire.


Le 9 février, quand nous sommes arrivés à Tacoubao, nous avons trouvé tous les corps des Européens à peu près groupés. Ils étaient vraissemblablement là où ils sont tombés et ils n'ont pas été martyrisés. Nous avons été plusieurs à reconnaître le colonnel Bonnier à la forme de son crâne et à sa haute stature. Il était couché sur le dos.

Joseph Joffre
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