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DIERX Léon (1838-1912)

Poète

Date de naissance:
31 mars 1838
Date du décès:
11 juin 1912

Poète Parnassien publié chez Lemerre, Dierx est sacré Prince des Poètes en octobre 1898, à la mort de Mallarmé. Il est préféré à José-Maria de Hérédia. Il fait partie du groupe de poètes qui veilla le corps de Victor Hugo à l'Arc de Triomphe le 22 mai 1885. Un monument fut érigé à sa mémoire place des Batignolles.

Léon DIERX

 

Marais-Victor-Léon Dierx est né le 31 mars 1838 à St-Denis de Jacques Marais Dierx et d'Anne-Marie Deheaulme.

Le 15 août 1853, il part pour la France avec son oncle Edouard Cerclé et un grand chagrin d'amour. Il n'a que 15 ans et les études au lycée Henri IV ne lui font pas oublier les yeux de cette cousine, Marie-Héloïse Lory des Landes, qui «renvoient l'éclat de la mer et du ciel». Il abandonne des études d'ingénieur pour s'adonner à la poésie. En 1858 il publie chez Dentu Aspirations, son premier recueil de poésies. Une œuvre de jeunesse !

En 1860 il revient à la Réunion et il retrouve la jeune cousine fiancée à un autre cousin germain, Adrien Bellier. Il quitte l'île une seconde fois le 6 juillet 1860 avec le même chagrin d'amour et cherche l'oubli dans les voyages. Pendant 2 ans il découvre l'Afrique du Nord, l'Allemagne, l'Italie avant de jeter l'ancre à Paris. Marie-Héloïse épouse Adrien Bellier en 1865.
 
Sa carrière poétique est définitivement lancée en 1864 avec Poèmes et Poésies, d'essence parnassienne. Il collabore au Parnasse Contemporain publié en 1866 par l'éditeur Alphonse Lemerre et en 1867 il fait paraître Les Lèvres Closes, ouvrage bien accueilli par la critique.

En 1868 une grave crise économique à la Réunion ruina sa famille. Et lui, l'aîné de dix enfants, fut privé de la pension que lui envoyait son père. Il trouva un emploi à la Compagnie de chemin de fer Paris-Orléans et mena petite vie. Il eut à souffrir du siège de Paris et de la défaite de 1870. La vie culturelle parisienne qui reprit après-guerre fut moins favorable à sa pièce dramatique La Rencontre. Présentée le 24 février 1875 à la salle Taillebout ce fut un échec retentissant. Il souhaite revoir La Réunion, et sa mère lui écrit en 1878 qu'il aurait un poste de chef de chantier dans la construction du chemin de fer.

Avec l'appui du député François De Mahy, il put trouver un petit emploi dans l'administration à Paris et cessa d'écrire en 1878. Il n'avait plus rien à dire, avoua-t-il. Et il se contenta de survivre chichement. Mais sa réputation établie lui permit de faire partie du groupe de poètes qui veilla le corps de Victor Hugo à l'Arc de Triomphe le 22 mai 1885, et d'obtenir la croix de la Légion d'honneur le 13 juillet 1890.

En 1887, Marie-Héloïse perd son mari. La veuve repousse encore une fois les avances discrètes du poète. Le 11 juillet 1892 le vieil homme retourne à l'île natale. Il en repart comme à regret sans chagrin d'amour.

Suprême consécration : en octobre 1898, à la mort de Mallarmé il est sacré Prince des Poètes.

Mais son existence matérielle continuant à se dégrader, le Conseil Général de la Réunion lui vota une pension annuelle de 1200 F en 1910. Quelques voix discordantes s'élevèrent même contre cette mesure humanitaire.

Il mourut aux Batignolles le 11 juin 1912. Un monument fut érigé à sa mémoire place des Batignolles.


Là-bas, au flanc d’un mont couronné par la brume,
Entre deux noirs ravins roulant leurs frais échos,
Sous l’ondulation de l’air chaud qui s’allume
Monte un bois toujours vert de sombres filaos.
[...]

L. Dierx, Les Filaos

A Découvrir


Léon Dierx, un poète déraciné - Eric Boyer - Ed. Udir, 1988


Lorsque les jeunes poètes parnassiens étaient fatigués de goûter au miel de l'inspiration sous l'œil attentif du Maître, ils se rendaient rue des Moines où Nina de Villard recevait ses amis artistes, poètes, savants, journalistes, et parmi la petite foule des habitués, on reconnaissait Verlaine, Charles Gros, José Maria de Heredia, et Villiers de l'Isle Adam qui, dans son ouvrage Chez les passants, rapporte cette anecdote : Un soir, un bourgeois fait irruption parmi les pèlerins de l'art pour l'art et s'adresse à Stéphane Mallarmé : «Vous ne pleurez pas dans vos vers ?» lui demande-t-il. «Non, monsieur, ni ne nous mouchons !» réplique l'auteur de Tristesse d'été, sur un ton glacial. L'intrus se tourne alors vers le bon Léon Dierx : «Enfin, pour quel sens écrivez-vous ? Pour l'ouïe ou pour la vue ?» «Pour l'odorat», se contente de répondre le poète réunionnais. Le salon de Nina continua à rendre l'écho du rire et de l'ironie des amoureux du Beau, et parfois le bruit des mots cédait la place à la musique des Filaos...

Successeur de Mallarmé au titre de Prince des Poètes en 1898, voici racontée la vie, l'histoire et l'oeuvre de Léon Dierx. Eric Boyer, Professeur à l'Ecole Normale de Saint-Denis étudie, analyse et tente de traduire le language, l'imagination poétique de ce célèbre réunionnais. Il sélectionne ensuite quelques-uns des plus beaux poèmes issus des "Aspirations", "Les Lèvres Closes", et "Les Amants".

 

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Bibliographie


 

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