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PARNY (De) Evariste (1753-1814)

Membre de l'Académie française

Date de naissance:
6 février 1753
Date du décès:
5 décembre 1814

Ses premiers poèmes parurent en 1775, trois ans avant la mort de Voltaire qui en fit l'éloge. Dans son premier discours à l'Académie française (Institut) il fit un plaidoyer pour la langue française : "Malheur à ceux qui la trouvent indigente et rebelle (...) ; elle est riche puisque chez le peuple de la terre le plus civilisé, elle peut prendre toutes les finesses de la pensée. "

Evariste de PARNY


De PARNY EvaristeEvariste-Désiré De Forges, chevalier puis vicomte de Parny dit Sansterre est né à l'Hermitage St-Paul le 6 février 1753. Après la mort de sa mère, Geneviève de Lanux, son père Paul de Forges, marquis de Parny, officier d'infanterie épouse le 26 novembre 1764 Françoise Roburent en troisième noce. Dès 9 ans, il va faire ses études à Rennes. A 17 ans, il s'enfonce dans une crise de mysticisme si intense «qu'on fut forcé de lui interdire tout exercice de piété, même la lecture de la Bible». Arrivé à Paris et se destinant à la vocation ecclésiastique, il choisit ce qui se faisait de plus sévère dans les ordres : la Trappe. On l'en dissuada avec peine. Mais subitement il perdit toute préoccupation religieuse et décida de faire une carrière militaire. Rejoignant Bertin et d'autres jeunes créoles au domaine de Feuillancour, tous «paresseux, délicats et voluptueux», il fit l'apprentissage d'autres plaisirs. Et à 20 ans. il revint au pays natal et se découvrit des dispositions poétiques.

Il n'y a pire que passion contrariée. Il rencontra Eléonore B. (Esther Lelièvre) dont il fut le précepteur et en tomba éperdument amoureux. L'amour de sa vie fut mariée le 21 juillet 1777 à un jeune médecin (J.B. Canardelle) car M. de Parny s'opposa à l'union des jeunes gens. Evariste en conçut toute sa vie une amertume profonde et repartit pour la France chercher l'oubli dans les frasques militaires, les plaisirs de garnison et la composition poétique. A Bourbon, il eut une fille, Valère née le 9 mai 1775, avec une esclave malgache, Léda. Valère sera la grand-mère de Célimène, la chanteuse de La Saline.

Ses premiers poèmes parurent en 1775, trois ans avant la mort de Voltaire qui en fit l'éloge. Ses élégies connurent un succès retentissant mais la douleur de l'absence d'Eléonore ne s'apaisa pas. Il voyagea en Argentine et aux Indes où il servit comme aide-de-camp du gouverneur français. Sa santé s'étant altérée, il dut rentrer en France. Son frère tenta de l'introduire à la cour de Versailles mais le jeune frondeur signa en 1778 une Epître à MM. les Insurgens favorable aux opposants. Renonçant à la carrière militaire, il se retira alors à Feuillancour pour se consacrer à la poésie. Seule la Révolution put l'enlever à sa retraite.

LDe PARNY Evaristee changement qu'il avait appelé de ses vœux le déçut par sa violence sanguinaire. Il en arriva à exécrer «le républicanisme des rues» et continua, lui le prêtre manqué, à attaquer la religion. Ruiné, il fut obligé de vendre ses livres pour subsister et d'accepter enfin un emploi précaire et peu rémunéré d'administrateur du Théâtre des Arts. En 1799 sous le Consulat, il composa un Hymne pour la fête à la gloire du nouvel homme fort : Bonaparte. Il n'en retira aucun avantage matériel. En 1801, Lucien Bonaparte, ministre de l'Intérieur, inscrivit son nom sur la liste de candidats pour un poste de bibliothécaire à l'Hôtel des Invalides. Pour faire plaisir à l'Eglise, le premier Consul raya son nom. Parny en conçut du dépit. Puis sa vie changea ! Le 16 décembre 1802, il épousa Grâce Vally divorcée le 13 juin 1794 de Joseph Fortin qu'elle avait épousé le 15 septembre 1772. L'année suivante, il fut admis à l'Institut (classe de littérature française), le nouvel avatar de l'Académie Française au fauteuil de M. Devaines. Le discours du premier Réunionnais académicien contenait quand même quelques lignes d'éloges pour Bonaparte. Sa vie matérielle s'améliorera en 1810 quand il obtiendra une sinécure à l'administration des contributions indirectes. Et il continuera de composer ! Alfred Fayot qui l'avait connu vieillissant le décrivait ainsi :

«Au premier abord, la figure de M. de Parny était presque sévère ; ses lèvres assez fortes se pressaient, et rappelaient par un mouvement léger le rire sardonique de Voltaire ; mais cette première expression était bien fugitive et s'effaçait vite dans le jeu doux et aimable des traits. Il était bègue et prononçait presque toujours en sifflant les premiers mots d'une phrase. M. de Parny avait eu la figure très agréable dans sa jeunesse : il était brun, sa tête était grosse, sa taille presque élevée. A cinquante-huit ans, il conservait encore ses cheveux. Sa politesse et ses manières étaient parfaites : c'étaient celles de la meilleure société.»

Trente ans après leur séparation, Eléonore, devenue veuve, lui écrivit pour lui demander d'unir leur vie. Marié, il ne pouvait s'y résoudre. Le 5 décembre 1814, il mourut d'un anévrisme. Il fut remplacé à l'Académie Française par M. de Jouy.

Dans ce temps là, frères de l'évangile,
Ma piété méditait quels mots;
Il était nuit, et le sommeil tranquille
Autour de moi prodigauit ses pavots
Une éclatante et soudaine lumière
Frappe mes yeux; des parfums inconnus
Sont tout à coup dans les airs répandus
En même temps d'une voix étrangère
Je crois entendre et j'entends les doux sons.

Ev. de Parny, La Guerre des Dieux, chant 1er

Bibliographie

  • Voyages de l'Isle de France, 1773
  • Poésies Erotiques, 1778
  • Chansons Madécasses, 1787
  • Oeuvres, 1790
  • La guerre des Dieux, 1799
  • Le Galanteries de la Bible, 1880
  • Le portefeuille volé, 1804
  • Le voyage de Céline, 1806
  • Les Rosecroix, 1807
  • Poésies inédites, 1821 (posthume)
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