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PIERSON Blanche (1824-1919)

Comédienne
Sociétaire de la Comédie Française


Date de naissance:
10 mai 1842
Date du décès:
1919

Elle joua les rôles de jeune première, de coquette et d'ingénue au théâtre du Gymnase et au Vaudeville. Elle joua Sardou, Daudet, Dumas, Mirabeau et sera une émouvante dame aux Camélias. En 1884, elle fut engagée à la Comédie française et sera sociétaire en 1886 en tenant le rôle d'Elmire dans Tartuffe de Molière. En 1910, elle siégea au comité de lecture du théâtre français.

Blanche PIERSON

 

PIERSON BlancheFille de Louis-Marie-Hypolite Pierson, artiste dramatique et de Victorine-Valérie Thibaut, Blanche-Adeline Pierson vit le jour à St-Paul le 10 mai 1842. Son père, frappé d'un strabisme épouvantable, avait le physique naturel du comique et exerçait ses talents dans la troupe de M. Petit-Welter. Mais les temps étaient durs pour le théâtre installé rue Suffren à St-Paul. Après la déconfiture de la troupe, M. Pierson s'engagea, en 1842, à la pension Raffray (cours privé) comme professeur de danse et d'escrime ; la jeune Blanche y fit ses premiers pas. Il introduisit en 1845 la polka — cette nouvelle danse endiablée — à la Réunion.

En 1847, son père partit chercher fortune en France, suivi un an plus tard par Blanche et sa mère qui baissa les rideaux du petit magasin de mode qu'elle tenait à St-Paul. Grâce à son ami, Victorien Sardou, Pierson fut engagé dans une troupe d'Alençon. La petite Blanche, qui avait beaucoup appris de son père, fit sa première apparition sur scène au théâtre de Rennes à l'âge de 11 ans.
 
Après des tournées en Belgique et en province, sa carrière internationale commence en 1856 au théâtre de l'Ambigu ; elle a alors 14 ans. Sa présence physique et sa voix "délicieusement tremblotante" vont la conduire au sommet de son art. En 1857, elle joue au théâtre du Vaudeville puis fit le succès du théâtre du Gymnase. Les critiques vont épuiser les superlatifs : "Une conscience absolue, une probité au-dessus de tout éloge, l'amour de son art, le respect du public, telles sont les qualités de la véritable grande comédienne, et je n'en connais pas une seule qui les possède aussi complètement que Blanche Pierson", écrit Alexandre Dumas.

Pourtant ses débuts furent modestes voire difficiles. Adrien Bernheim affirme : "Etoile de la troupe, elle ne touchait guère plus de 15 000 francs d'appointements par an ; elle répétait tous les jours et tous les soirs à 9 heures, jouait la grande pièce et, parfois même, à 8 heures, celle qui la précédait".
Elle joua les rôles de jeune première, de coquette ou d'ingénue avec aisance et naturel. Elle joua Sardou (Odette, Dora, Les Bourgeois de Pont-Araz), Alphonse Daudet (Les Rois en Exil, le Nabab), Scribe (Adrienne Lecouvreur), Dumas (Fromont jeune, Francillon), Pailleron (Le Monde où l'on S'ennuie), François de Curel (L'Amour Brodé), Hervieu (Les Tenailles), Fiers et Caillavet (Primerose), Octave Mirbeau (Les Affaires sont les Affaires), Meilhac et Halévy (Froufrou)... Elle joua comédies et tragédies et fut louée tant pour sa justesse que pour sa grande beauté. Elle sera une émouvante Marguerite Gauthier dans la Dame aux Camélias.
 
En 1884, Blanche Pierson fut engagée à |a Comédie Française. Sa première pièce fut Denise, d'Alexandre Dumas, où elle créa le rôle de Mme de Thauzette. Elle sera sociétaire en 1886 dans Tartuffe de Molière où elle tiendra le rôle d'Elmire. En 1910, elle siège au comité de lecture du Théâtre Français.

Blanche Pierson meurt en 1919, âgée de 77 ans. L'Illustration du 5 avril 1919 annonce son décès sans son édition du 5 avril 1919 sans indiquer avec précision la date de sa mort.


Mademoiselle Pierson a toujours été pour moi une délicieuse comédienne. Je l'aurais voulue depuis longtemps au Français ; mais le talent n'a jamais sa place nulle part, et la phalange des jalousies de femme qu'elle inspire a dû l'empêcher d'y prendre la sienne. Elle est toujours immuablement Mlle Blanche Pierson. Elle peut toujours signer Blanche. Je ne connais rien de plus suave que toute cette blancheur. Elle avait, naguère encore, la suavité fraîche de la beauté, elle en a maintenant la suavité pâle...

Barbey d'Aurevilly