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LACAUSSADE Auguste (1815-1897)

Poète

Date de naissance:
8 février 1815
Date du décès:
31 juillet 1897

Poète mulâtre et de ce fait interdit d'entrer au collège royal de l'Ile Bourbon ! "Je suis né, je mourrai parmi les révoltés" écrit-il. Son combat sera poétique. Secrétaire de Sainte-Beuve, il sera bibliothécaire au Sénat et directeur du journal républicain de Vannes La Concorde.

Auguste LACAUSSADE

LACAUSSADE Auguste 000Auguste Lacaussade est né le 8 février 1815 ; il est le fils naturel de Cazenave de Lacaussade, avocat originaire de Bordeaux et d'une libre de couleur, Fanny-Lucile Déjardin. Il naît bâtard et malheureux car, à cette période, à l'Ile Bourbon il n'était pas convenable «à un blanc d'épouser une mulâtresse». Et de ce fait le jeune Auguste ne pourra pas entrer au collège royal après des études primaires à St-Denis. Il en conservera une profonde amertume : «Je suis né, je mourrai parmi les révoltés».

A 10 ans il part pour Nantes à la pension Brieugue pour des études secondaires classiques. Il y croise le «frère ennemi» Leconte de Liste mais aussi Falconer, poète écossais et ami qui viendra mourir à Hell-Bourg.

Après un bref séjour au pays natal en 1834, mal à l'aise à cause des préjugés raciaux locaux, il retourne en France pour des études de médecine. Mais son ressentiment lui fit choisir la voie de la poésie. Il publia ses premiers vers dans la Revue de Paris.
 
En 1839 paraît Les Salaziennes et il retrouve bonheur et équilibre. Il se marie avec Luce Dumair qui lui donnera trois enfants (deux dont Sarah mourront adolescents) ; il se lie d'amitié avec Sainte-Beuve et devient son secrétaire. Il recueille avec gratitude les témoignages d'admiration et d'estime pour son style poétique.

Il admire les poètes britanniques, maîtrise la langue anglaise et traduit Ossian. La mort de sa sœur en 1840 le ramène vers Bourbon. Deuxième déception. Il repart en France se joindre au combat de Schœlcher pour l'abolition de l'esclavage. Grâce à Sainte-Beuve, il collabore à la Revue des Deux Mondes et à la Revue Nouvelle. Il se lance dans le journalisme. Après l'insurrection de 1848, il est nommé directeur du journal républicain de Vannes La Concorde. Il collabore à la Tribune des Peuples de Mc Kiewicz.

A la joie de l'avènement de la llè République et de l'abolition de l'esclavage en 1848, succède le désenchantement dans le combat poétique : prix Bordin de l'Académie Française pour Poèmes et Paysages (1852) et les Epaves (1861). En 1859, il va diriger La Revue Européenne. Une pension lui est votée par le Conseil Général de la Réunion, une honte pour un poète célèbre qui vit modestement et sans ressources régulières malgré sa Légion d'honneur.

En 1865 il épouse Lydie Porcher en secondes noces. Il obtient le poste de bibliothécaire au Sénat en 1872. Il conserve son poste jusqu'à sa mort.

Il meurt à Paris le 31 juillet 1897 et repose au cimetière de Montparnasse.

Dans Les poètes assis, Claude-Louis fait le portrait de Lacaussade bibliothécaire :

" Lacaussade était, sans conteste, le plus administratif de nos poètes. Une mauvaise langue l’a surnommé " le parfait notaire de la poésie ". Petit, propret, un collier de barbe blanche soigneusement rasé à la mode 1830, il ressemblait suffisamment à un officier ministériel. (…)
    
Lacaussade avait imaginé et s’était attribué le " Service extérieur " de la bibliothèque. Cette trouvaille géniale lui permettait de s’absenter chaque fois qu’il le désirait. Mais - en fonctionnaire méticuleux qu’il voulait paraître -, il avait soin dans ces occasions fréquentes d’étaler sur son bureau une feuille de papier ministre, portant cette mention stéréotypée : " M. Auguste Lacaussade est aux Beaux-Arts, pour le service de la bibliothèque. Ne pas l’attendre ; il ne reviendra pas. " Inversement, lorsqu’il éprouvait le besoin de se décerner à lui-même un brevet d’assiduité, il passait à la bibliothèque vers onze heures et demie (heure à laquelle il n’y avait personne) et laissait, à l’adresse du chef, une fiche portant cette autre formule invariable : " Il est onze heures et demie. Je vais déjeuner ; il ne s’est rien passé d’insolite à la bibliothèque ! ". "

Nègres, mes frères ! Peuple esclave
J'ai vu votre joug détesté
Et de mon sein, brûlante lave
A jailli mon vers irrité.

Poèmes et Paysages - 1852

 

Bibliographie

  • Le Cri de guerre, Vae victoribus, A. Lemerre, Paris, 1870
  • Poème de Léopardi, 1881

 

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