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HERVE Edouard (1835-1899)

Journaliste
Membre de l'Académie française


Date de naissance:
1er juin 1835
Date du décès:
4 janvier 1899

Journaliste au Constitutionnel puis rédacteur en chef du Journal de Paris, il reste à son bureau pendant le siège de 1870. Fondateur du Soleil, premier grand quotidien politique populaire en 1873, conseiller municipal de Paris, il est reçu en 1887 à l'Académie française au 36e fauteuil — celui de Chateaubriand. Il devient ainsi le premier journaliste de la presse populaire à entrer sous la coupole.

Edouard HERVE

 

HERVE Edouard Aimé-Marie-Edouard Hervé, fils d'un père lorrain, jacques-François-Mathias Hervé, professeur de mathématiques, et d'une mère bretonne Marie-Clémence-Pauline-Alida Caudiau, est né à St-Denis le 1er juin 1835. Ses études au lycée Henri IV furent brillantes. En 1854, au Concours Général, il obtient le prix d'honneur de Philosophie, le prix de Mathématiques et le prix de Chimie. Il entre à l'Ecole Normale Supérieure dans la section Lettres, son avenir s'annonce rayonnant. Quelques mois plus tard, au désespoir de ses parents il abandonne ses études, victime affirme-t-il d'une mauvaise orientation. En 1855 il débute dans la vie professionnelle à la Revue de l'Instruction Publique de Louis Hachette. Il a 20 ans, son premier article est une étude sur une nouvelle traduction de Sallustre. En 1860, il passe à la chronique politique de la Revue Contemporaine. Il passera maître dans le genre.

A 25 ans il entre au Constitutionnel puis, en 1863, passe au Courrier du Dimanche. Il écrit aussi au Temps et à l'Epoque sous le pseudonyme de Joseph Perrin. Chroniqueur visionnaire et averti, il prévoit la guerre italo-autrichienne et le danger prussien pour la France. "Quelle perspective, pour les Français, de voir une Allemagne de 60 millions d'habitants réunis sous la même main et pouvant mettre en mouvement, sur un signe parti de Berlin, une armée d'un million et demi d'hommes". Cet article de 1864 annonçait la défaite de 1870.

En 1867, Edouard Hervé dirige le Journal de Paris et assiste à la chute annoncée de L'Empire. Dans Paris assiégée, il reste à son bureau.
La Commune va réprimer "La presse bourgeoise" et supprimer Le Journal de Paris qui reparaîtra sous le titre d'Echo de Paris.

En 1873 il fonde Le Soleil, premier grand quotidien politique populaire vendu à 5 centimes. Son talent de polémiste est redoutable. Il s'engage à droite dans le combat politique et sera élu au conseil municipal de Paris de 1881 à 1884. Le 10 février 1887 Edouard Hervé est reçu à l'Académie Française au siège du duc de Noailles par Maxime du Camp. Ce fauteuil, le N°19, était celui de Chateaubriand.

Selon Louis Teste, Edouard Hervé avait "une physionomie charmante avec ses cheveux noirs brillants, sa barbe soyeuse en éventail, de grands yeux de gazelle, très doux, très intelligents, très fins, une bouche un peu gronde, mais très gracieuse et qui montrait de belles dents, sa voix un peu blanche, mais bien articulée, sa parole claire sobre et très fine, qu'accompagnaient des gestes un peu nerveux, ses manières dignes...".

Chevalier de la Légion d'honneur, Edouard Hervé mourut à son domicile de la rue de Lisbonne à Paris le 4 janvier 1899. Il fut remplacé à l'Académie par Paul Deschanel.

"Aujourd'hui enfin, vous faites entrer ici le journal populaire. C'est que nous vivons dans un temps où tout se transforme, la presse comme le reste. On ne peut plus se développer au milieu d'un cercle restreint de lecteurs. Il faut descendre sur la place publique, se mêler à la foule et parler à tous un langage que tous puissent entendre."

Discours de réception à l'Académie française.