visiter sculptotheque


Le Vieux Solitaire

Léon DierxPoèmes et Poésies

Poète

Date de naissance:
31 mars 1838
Date du décès:
11 juin 1912

Poète Parnassien publié chez Lemerre, Léon Dierx est sacré Prince des Poètes en octobre 1898, à la mort de Mallarmé. Il est préféré à José-Maria de Hérédia. Il fait partie du groupe de poètes qui veilla le corps de Victor Hugo à l'Arc de Triomphe le 22 mai 1885. Un monument fut érigé à sa mémoire place des Batignolles.

Lire la fiche complète

Léon DIERX

 

 

Je suis tel qu'un ponton sans vergues et sans mâts,
Aventureux débris des trombes tropicales,
Et qui flotte, roulant des lingots dans ses cales,
Sur une mer sans borne et sous de froids climats.

Les vents sifflaient jadis dans ses mille poulies.
Vaisseau désemparé qui ne gouverne plus,
Il roule, vain jouet du flux et du reflux,
L'ancien explorateur des vertes Australies !

Il ne lui reste plus un seul des matelots
Qui chantaient sur la hune en dépliant la toile.
Aucun phare n'allume au loin sa rouge étoile ;
Il tangue, abandonné tout seul sur les grands flots.

La mer autour de lui se soulève et le roule,
Et chaque lame arrache une poutre à ses flancs ;
Et les monstres marins suivent de leurs yeux blancs
Les mirages confus du cuivre sous la houle.


Il flotte, épave inerte, au gré des flots houleux,
Dédaigné des croiseurs aux bonnettes tendues,
La coque lourde encor de richesses perdues,
De trésors dérobés aux pays fabuleux.

Tel je suis. Vers quels ports, quels récifs, quels abîmes,
Dois-tu les charrier, les secrets de mon cœur ?
Qu’importe ? Viens à moi, Caron, vieux remorqueur.
Ecumeur taciturne aux avirons sublimes !

transauto infostock pair trading