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Auguste LacaussadeLes Epaves

Poète

Date de naissance:
8 février 1815
Date du décès:
31 juillet 1897

Poète mulâtre et de ce fait interdit d'entrer au collège royal de l'Ile Bourbon ! "Je suis né, je mourrai parmi les révoltés" écrit-il. Le combat d'Auguste Lacaussade sera poétique. Secrétaire de Sainte-Beuve, il sera bibliothécaire au Sénat et directeur du journal républicain de Vannes La Concorde.

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Auguste LACAUSSADE

 

 

1861

Man delights not me, no, nor woman neither.
SHAKESPEARE.

 


Esprit mâle et sincère aux tendresses profondes,
Crois-mois, contre un plomb vil n’échange pas ton or :
La perle que tu veux n’habite point nos ondes,
Leur sein n’enferme point ton idéal trésor.

A tes ennuis sacrés la terre est insensible ;
Les amours primitifs y sont morts à jamais.
Jamais tu n’atteindras ton rêve inaccessible,
Ami ! tu l’as placé sur de trop purs sommets.

Comme la fleur qui naît sur les cimes austères
Et, vierge, doit mourir sur le mont paternel,
N’exhale que pour Dieu tes espoirs solitaires ;
Ne verse tes senteurs que dans les vents du ciel.

Tu parles une langue ici-bas incomprise,
Et la route est déserte où cheminent tes pas.
Ton infini désir, la foule le méprise ;
Ses sordides instincts, tu ne les connais pas.

Ferme-toi donc ! subis, âme haute et limpide,
De ton culte sacré subis l’auguste loi.
D’un monde où tout est faux, et servile, et cupide,
Les liens mensongers ne sont pas faits pour toi.

L’homme est ingrat et dur, la femme amère et vide.
Poète, que leur font tes songes étoilés !
Les belles voluptés dont ta soif est avide
Ne roulent point en eux leurs flots immaculés.

Vis et chante à l’écart ; dans tes rimes heureuses
Réfléchis les splendeurs du tranquille univers.
A la femme, à la fleur, à ces choses trompeuses,
Ne prends que le parfum qu’il te faut pour tes vers.

Passe au milieu des jours libre, calme, impassible,
Couvre ton cœur brûlant de sereines froideurs ;
Comme en ces bassins bleus où dort l’astre paisible,
Que ton chaste Idéal dorme en tes profondeurs !

Si jamais, ébloui d’une flamme éphémère,
Sous des yeux enivrants tu te troublais un soir,
Étouffe dans ton sein la naissante chimère !
Arrache de ton cœur un impossible espoir !

A ton tour ne va point, dans la tourbe adultère,
Brûler un lâche encens sur quelque autel banal :
Plus elle sait aimer, plus l’âme doit se taire ;
Porte sans défaillir l’ivresse de ton mal !

Mais, si vaine est la lutte et la plaie incurable,
Voile au moins le secret de ta sainte pâleur :
Que nul regard, raillant ton âme vulnérable,
Ne lise sur ton front ta divine douleur !

Tais-toi ! D’un âcre feu les veines consumées,
Même sous l’œil fatal qu’attendrit ta fierté,
Tais-toi ! — Tu pourrais voir sur des lèvres aimées
Flotter le rire amer de l’incrédulité.

Tais-toi ! L’oreille ouverte aux vanités flatteuses,
La fille d’Ève au front candide, au cœur de fer,
Ne sait point démêler, facile aux voix menteuses,
L’accent tombé du ciel ou monté de l’enfer.

Tais-toi ! Le sein frappé d’une atteinte trop sûre,
N’implore, en ton orgueil, ni merci ni retour :
Laisse en dedans couler ta mortelle blessure !
Saigne en silence et meurs, meurs d’un muet amour !

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